Histoire de Famille - Chapitre 2: La reconnaissance














Kyoya fixait le père de Kenta. Il ne pouvait pas croire ce qu'il voyait. Ce ne pouvait pas être... LUI ! C'était impossible ! La coïncidence était trop grande ! Pourtant, comment pouvait-il ne pas reconnaitre cet homme qui lui ressemblait tellement avec ses cheveux verts grisonnants par endroit et ses yeux bleus ? Kyoya aurait voulu se raisonner. Il aurait voulu ne pas le croire. Il aurait voulu trouver une explication rationnelle et logique à cette ressemblance et à sa présence. Mais cela n'aurait servi à rien. Car il l'avait reconnu. Dès la première seconde et malgré toutes ses années. Il avait reconnu son père en le père de Kenta. Comment était-il ici ? Pourquoi ? Comment avait-il osé se refaire une vie et être heureux après les avoir lâchement abandonné lui et sa mère alors qu'il n'était qu'un enfant ? Les questions se bousculaient dans sa tête sans qu'aucune ne prennent suffisamment la priorité pour qu'il la prononçât.
 
Kyoya ne savait pas vraiment combien de temps il était resté dans ses réflexions. Personne ne semblait prêter attention à lui quand il sortit de ses pensées. Un silence pesant était tombé dans la pièce et toute la bande avait les yeux rivés sur Gingka. Kyoya l'observa à son tour et s'aperçu avec un pincement au c½ur que Gingka pleurait en regardant quelque chose derrière Kenta. Kyoya suivit son regard et tomba sur la mère de Kenta. Une femme aux cheveux auburn et aux yeux noisette. Gingka et elle semblaient échanger un regard très profond. Le genre de regard qui pourrait remplacer des conversations entières. Elle le regardait avec un air désolé tandis que les larmes coulaient de plus en plus vites sur les joues de Gingka.
 
La surprise de la situation passée, Kyoya commençait à bouillir. Contre le père de Kenta qu'il avait reconnu comme le sien et contre la mère de Kenta qui était capable par sa seule présence de faire pleurer Gingka dont la gaité intarissable ne le quittait jamais d'ordinaire. Il allait se lever et demander des explications à son père avec colère mais il fut devancé par la voix tremblante de Gingka. Une voix que Kyoya ne lui avait jamais entendue et qu'il aurait souhaité ne jamais entendre. Une voix pleine de colère et de tristesse. Une voix qui trahissait une immense peine. Kyoya en avait le c½ur serré. Il ne supportait pas de voir Gingka dans cet état de tristesse, lui qui était toujours joyeux et optimiste. Ce que Gingka disait était inaudible mais ne semblait pas l'apaiser. Au contraire ! Les larmes coulaient de plus belle sur ses joues. Puis soudainement il se leva de sa chaise et partit en courant de la maison en claquant la porte derrière lui.
 
Instinctivement Kyoya se leva pour le suivre. Dans une autre situation, il ne se serait pas inquiété outre mesure. Gingka avait déjà eu des coup de blues et il était très fort malgré son apparence de jeune garçon naïf. Mais, en l'occurrence, Kyoya s'inquiéta de l'attitude de Gingka qui n'était pas habituelle car il s'était mis à pleurer à priori pour rien juste en regardant cette femme. Il marcha d'un pas ferme et rapide pour traverser le salon. Les yeux clos et la tête haute pour rester fier et digne et pour ne pas montrer à quiconque le trouble qui l'envahissait. Lorsqu'il arriva à la hauteur du père de Kenta (il avait vraiment du mal à l'appeler son père), il s'arrêta, hésitant. Que devait-il faire ? Dire quelque chose ? L'ignorer ? Finalement, Kyoya opta pour un violent coup de poing dans son ventre sans prendre en compte les cris de protestation du petit groupe d'amis toujours assis autour de la table qui regardait la scène avec des yeux ronds. Kyoya sortit ensuite rapidement. Il sentait la colère monter en lui, la fureur battre ses tempes, la rage envahir son esprit. Il avait envie de cogner, de frapper, de tout casser ! Il serra les poings et les dents et se forçat à ne pas laisser éclater sa colère en pleine rue. Il devait aller se défouler quelque part. L'endroit qui lui vient en premier à l'esprit était l'entrepôt où il vivait autrefois en tant que chef des Chasseurs de tête. Il ne perdit pas une seconde et accéléra son rythme de marche. Il traversa les rues animée en sens inverse contourna la circulation et s'apprêta à traverser le pont qui reliait les deux rives de BeyCity que la rivière séparait. Mais quelque chose l'en empêcha : il avait aperçu une touffe de cheveux roux dans l'herbe. « Bien sûr ! », se dit-il. « Gingka venait toujours ici quand ça n'allait pas. »  Kyoya hésita un instant. Devait-il aller le rejoindre pour tenter de comprendre ce qu'il s'était passé chez Kenta ? Devait-il le laisser tranquille et simplement rejoindre son entrepôt pour s'y défouler ? Cependant, il s'aperçut que son envie de se battre avait disparu. Il se sentait seulement las et mélancolique à présent. Alors il décida de s'approcher de Gingka. Ce dernier remarqua que Kyoya venait vers lui car il le regardait avec un air interrogateur mais Kyoya n'y prêta pas attention et se contenta de s'assoir à côté de Gingka sans dire un mot et laissant ses yeux se perdre dans le lointain.
 
Ils restèrent un moment comme ça avant que Gingka ne rompe le silence :
-C'était ma mère, dit-il à mi-voix.
Kyoya tourna sa tête vers lui en haussant un sourcil.
-Cette femme, s'expliqua Gingka, la mère de Kenta. C'est ma mère.
Kyoya était surprit et se rendit compte qu'il savait finalement très peu de chose sur la vie qu'avait eu Gingka avant de venir à BeyCity.
-Tu ne nous avais jamais parlé de ta mère. , dit Kyoya à mi-voix.
-Parce qu'elle n'a jamais vraiment fait partie de ma vie. Enfin si, à une époque, mais ça remonte à loin. J'avais 6 ans quand elle a disparu. Mon père m'a seulement dit qu'elle était partie. J'ai pleuré pendant longtemps après ça. Mais je l'avais toujours, lui. Et le beyblade. Et Hyoma. Alors je me suis fait une raison et j'ai continué. Mais la voir comme ça, maintenant, et heureuse alors qu'elle m'a abandonné. C'est... je...
Il recommençait à pleurer.
Kyoya était très touché par l'aveu que venait de lui faire Gingka sur son enfance. Il était persuadé qu'il n'en avait parlé à personne d'autre. Ainsi donc, Gingka aussi a été abandonné par l'un de ses parents ? Pour l'avoir vécu, il pouvait imaginer ce que Gingka était en train de ressentir. Alors il posa sa main sur l'épaule de ce dernier. Gingka leva ses yeux brillants de larmes vers lui avec étonnement. Ce n'était pas tous les jours que Kyoya réconfortait quelqu'un ou qu'il se montrait affectueux... Kyoya ne cilla pas et ne détourna pas le regard. Il était en train de lui envoyer tacitement toute la force qu'il le pouvait à travers son regard. Il ne savait pas si Gingka l'avait compris mais quelques instants plus tard il s'essuya les yeux d'un revers de manche et lui adressa un petit sourire un peu triste. Kyoya préférait ça. Il retira sa main de l'épaule de Gingka. Il ne voulait pas se montrer trop intrusif. Lorsque Gingka eut terminé de se calmer, il demanda à Kyoya : « et toi au fait ? Pourquoi tu es parti de la fête ? ».
Kyoya hésita. Il aurait pu ne rien dire, l'envoyer balader ou lui mentir mais Gingka s'était confié à lui. Alors il ne pouvait pas se dérober :
-Le père de Kenta, commença-t-il, ben c'est aussi mon père.
Gingka le regarda avec des yeux ronds.
-Alors, ça veut dire que ? , commença Gingka.
-Mon père est partit quand j'ai eu 10 ans, le coupa Kyoya pour s'expliquer. Il a simplement laissé un mot en disant qu'il ne supportait plus de s'occuper de ma mère. Elle était instable émotionnellement et alcoolique.  C'était toujours mon père qui s'occupait de tout. Apparemment il en a eu marre et il s'est tiré. Ma mère, s'est pendue au plafond de la cuisine quand elle l'a su. C'est moi qui l'ai retrouvé. Mais c'était trop tard. Ensuite je suis partit. J'ai erré un moment dans les rues. Je me suis endurci et je suis devenu le chef des chasseurs de tête.
 
Il avait dit tout ça en regardant dans le vague. Quand il tourna le regard vers Gingka, il vit que celui-ci s'était remis à pleurer.
-Oh non Gingka! S'il te plaît, arrête de pleurer...Ça n'en vaut pas la peine...
-Mais ce que tu as vécu, c'est... tellement horrible. Je... Je ne savais pas que tu avais vécu de telles choses...
-Personne ne le savait.
-Kyoya...
-Quoi ?
-Comment arrives-tu à vivre avec tout ça ?
Kyoya eut un petit rire avant de répondre :
-Toi aussi tu en as bavé je te signale. Je pourrais te poser la même question.
-Moi j'avais mon père, répondit-il.
Kyoya haussa les épaules.
 
Il y eut un silence puis Gingka murmura :
- J'n'arrive pas à y croire. Ma mère et ton père sont les parents de Kenta. Ça veut dire qu'on est ses demi-frères !
Kyoya n'y avait pas pensé mais cette nouvelle le laissa indifférent. Kenta n'était rien pour lui. Il eut un nouveau silence.
 
Le jour touchait à sa fin. Le ciel bleu avait laissé place à une belle couleur orangée qui se reflétait sur la rivière lui donnant un aspect brillant et étrangement apaisant.  Kyoya sentit la main de Gingka se poser sur la sienne. Il se sentit rougir et son c½ur accéléra. Mais il n'aurait retiré sa main pour rien au monde. Le contact de la main de Gingka sur la sienne était si doux, si agréable. Du reste de la soirée, ils ne prononcèrent pas un mot. Quand la nuit fut bien entamée, ils décidèrent de rentrer dormir. Ils se séparèrent rapidement en se souhaitant bonne nuit. 




 

Tags : Histoire de famille - Kyoya Tategami ~ - Ginga Hagane - Beyblade Metal Fight

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