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Une vie au passé 23/03/2017

Une vie au passé

Le vent s'était levé. Kyoya frissonna. Il avait de plus en plus froid. Mais il n'aurait été se mettre au chaud pour rien au monde. Il ne voulait pas bouger. Pas même de quelques mètres. Il était allongé au bord de la rivière de BeyCity, les bras en croix dans la pelouse. Ses cheveux et ses vêtements voletaient au vent tandis que ses yeux fixaient intensément le bleu sombre que les nuages donnaient au ciel de cette nuit.
Cela ferait 10 ans demain. 10 ans que sa vie avait basculé. Il avait 25 ans à présent. Mais il ne pouvait pas oublier. Fermant les yeux un instant, il revit une énième fois ces derniers instants. Ces terribles instants. Ceux qui le hantaient chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde... Ceux qui ne le laissaient jamais en paix.

Après avoir vaincu Némésis, ils étaient rentrés chez Madoka. Elle leur avait proposé à tous de dormir chez elle. Bien sûr, c'était beaucoup trop petit pour qu'ils puissent tous y dormir. Aussi, les bladers légendaires qui n'étaient pas des amis directs de Madoka avaient déclinés l'invitation. Lui aussi. Il ne supportait pas de dormir aussi proche des autres. Avoir sauvé le monde ensemble, ça rapproche, mais pas à ce point ! Il avait été dormir sur le toit du bâtiment, à la belle étoile. C'était une nuit calme. Il était terriblement fatigué. Aussi s'endormi-t-il aussitôt.
Lorsqu'il s'éveilla le lendemain, la matinée semblait déjà bien entamée vu la hauteur du soleil. Il descendit du toit par l'escalier de service dans l'intention de piquer un truc à gringotter chez Madoka avant de partir s'entraîner. Il fallait à tout prix qu'il progresse vu la force que Gingka avait eu face à Némésis la veille.
Mais lorsqu'il pénétra dans l'appartement, il fut surpris de constater que la petite bande, la plupart du temps exagérément joyeuse, pleurait à chaudes larmes dans le salon.
_Ben qu'est-ce qu'il y a ? , avait demandé Kyoya.
Personne ne lui répondit. Pas même Benkei. Ça inquiéta Kyoya. En général, Benkei lui sautait au cou dès qu'il le voyait. Et même s'il ne le faisait pas, il ne l'ignorerait jamais.
_Hé ho ! Je vous parle !, fit-il agacé.
_C'est... Gingka..., sanglota Kenta.
_Et bien quoi Gingka ?, s'énerva Kyoya. Et puis où il est d'abord ? , demanda Kyoya remarquant soudain l'absence du roux.
_A la morgue.
Le ton était ferme. Les pleurs redoublèrent. C'était Tsubassa qui avait parlé. Lui, il ne pleurait pas. Il regardait par la fenêtre le regard vide. Kyoya se tourna vers lui, incertain. Avait-il vraiment dit ce qu'il avait cru entendre ?
_Qu'est-ce que tu dis ?
Tsubassa se tourna vers lui. S'il ne pleurait pas, il n'en avait pas moins les yeux rougis, signes de larmes récentes.
_Nous n'avons pas pu réveiller Gingka ce matin, expliqua Tsubassa. Alors on a appelé les urgences. Quand le médecin est arrivé, il a dit que c'était trop tard. Gingka a fait un AVC cette nuit et il est mort. Il n'y avait plus rien à faire. Ils l'ont envoyé à la morgue il y a environ une heure.
Il avait dit tout ça calmement mais on sentait à sa voix tremblante que ça lui coûtait de revivre ces événements.
Kyoya, quant à lui, s'était figé. Au fur et à mesure que Tsubassa parlait, il avait senti son c½ur se serrer à lui en faire mal. Il eut un vertige et fut contraint de s'assoir à terre. Il essayait désespérément de remettre de l'ordre dans ses idées. De rationnaliser ce qu'il venait d'entendre. Mais... Mais... Non ! C'était impossible ! Gingka venait de sauver le monde ! Il venait de se sortir du plus grand péril possible et il mourrait comme ça ? C'était complètement fou ! Complètement stupide ! Complètement injuste ! Impossible à croire. Et pourtant, Tsubassa lui avait dit la vérité. Il en était certain.
Soudain pris d'étouffement, il sortit de cette chambre de pleurs. Il sortit le plus vite qu'il pût et partit à toutes jambes. Courant le plus vite qu'il pouvait. Vers où ? Aucune importance. Pourquoi ? Aucune idée. Que cherchait-il à fuir ? Que cherchait-il à rattraper ? Il ne le saurait probablement jamais.

Kyoya rouvrit les yeux. Le ciel semblait se dégager. Il frissonna à nouveau. Mais il ne voulait toujours pas bouger. C'était ici, dans cette pelouse, à cet endroit précis où Gingka adorait venir se réfugier que Kyoya se sentait le plus proche de lui. Il ne voulait rompre cette connexion pour rien au monde. C'était stupide. Il le savait. La connexion était rompue depuis longtemps. Depuis 10 ans maintenant. Depuis ce jour maudit. Pourtant il ne voulait pas la lâcher. Il n'avait toujours pas accepté cette mort insensée. Il n'avait toujours pas fait son deuil.
Autour de lui, chacun avait repris sa vie en main. Ils pensaient tous encore à Gingka mais vivaient de nouveau. Tsubassa assisté de Madoka et d'Hikaru avait pris la tête de la filiale japonaise de l'AMBB. Kenta et Benkei avait ouverts leur propre gymnase d'entraînement au beyblade. Massamuné avait fait de même aux USA avec ses amis de là-bas. Même Yu s'était trouvé une activité : il avait remplacé Tsubassa à la tête de la brigade d'espionnage de l'AMBB. Seul lui n'avait rien changé. Enfin, rien, c'était beaucoup dire.
Après l'enterrement de Gingka, Ryo avait organisé une nouvelle ultime bataille en l'honneur de son fils décédé. Ils avait tous participés bien sûr. Mais l'absence de Gingka, et même de Ryuga, s'étaient faites sentir. Même le public avait regretté que les combats ne soient pas plus passionnants comme dans la première ultime bataille. Il faut dire qu'aucun combattant n'avait vraiment le c½ur à la fête. Mais ils avaient tous fait un effort en l'honneur de Gingka. C'est Kyoya qui avait remporté le tournoi. Tout le monde l'avait félicité. « Veuillez applaudir le nouveau meilleur blader du Japon ! » avait dit Ryo en lui remettant son prix les yeux humides. « Tu l'as amplement mérité » avait dit Tsubassa. « Je savais que t'y arriverais Kyoya, mon pote ! » avait dit Benkei. « Je suis sûre que Gingka est heureux que ça se passe comme ça » avait dit Madoka. Kyoya avait acquiescé sans répondre. Cette victoire lui avait laissé un goût amer. Il ne s'était pas amusé. Pas une seule fois. Il avait vaincu tout le monde mécaniquement. Les combats contre Gingka lui manquaient terriblement. En plus, il avait l'impression d'avoir quelque chose qu'il ne méritait pas. Cette première place, ce n'était pas la sienne. Bien sûr, il en avait rêvé ! Mais en ayant vaincu Gingka ! Pas comme ça... Il en était éc½uré. Il ne méritait pas cette première place. C'était (et ce serait toujours ?) Gingka le meilleur.



Par la suite, il arrêta toutes les compétitions. Il refusa même d'entrer dans une quelconque équipe à la réédition des championnats du monde. Que ce soit dans la Gan Gan Galaxy ou dans la Wild Fang. C'était encore l'équipe du Japon qui avait gagné, menée par Tsubassa, Yu et Kenta. Benkei, lui, était devenu membre titulaire de la Wild Fang à la place de Kyoya. 
Mais Kyoya n'avait pas arrêté le beyblade. Loin de là. Le beyblade était une des choses qui le rapprochait de Gingka dans son c½ur. En réalité, il continuait à s'entraîner comme un fou dans un but inutile. Cela faisait 10 ans qu'il trompait sa tristesse en s'entraînant le plus dur qu'il le pouvait, se persuadant que lorsqu'il serait prêt, il combattrait à nouveau Gingka. C'était inutile. Il le savait. Voilà 10 ans qu'il vivait dans le déni. Mais il ne pouvait pas faire autrement. Tous avaient repris leur vie. La sienne était sur pause. Comme si rien (et c'était le cas) ne s'était passé depuis la mort de Gingka.

Kyoya grelottait à présent. Mais il ne bougea pas d'un millimètre. Il avait enfin devant les yeux ce qu'il attendait : la constellation de Pegasus. Brillante et scintillante. « Comme Gingka », se dit Kyoya. Il resta encore quelques instants à contempler le ciel étoilé.
Une étoile filante fendit le ciel. Kyoya s'empressa de penser son v½u : « je voudrais revoir Gingka ». Comme il s'y attendait, rien ne se passa. Ces contes de bonnes femmes et autres bondieuseries, il n'y croyait pas.

Il resta toute la nuit ainsi, à contempler les étoiles, à penser à Gingka. A ce qu'ils avaient fait. A ce qu'ils auraient pu faire. A ce qu'il avait fait. A ce qu'il aurait dû faire.

Le lendemain, il se leva à la première heure pour rejoindre le cimetière où était enterré Gingka comme à chacun de ses anniversaires de mort. Il voulait arriver tôt pour ne croiser personne.

Lorsqu'il arriva devant la petite tombe en marbre blanc, il eut la surprise de voir une toupie qui tournait. Et pas n'importe laquelle ! Kyoya la reconnaîtrait entre mille ! C'était Storm Pegasus, la première toupie de Gingka, celle qui était censée être morte pendant la bataille contre Ryuga. Et pourtant elle était là.
Sans réfléchir, Kyoya lança Léone à sa rencontre. Pégasus tourna plus vite. Un halo de lumière bleue l'entoura. Il accéléra encore et encore jusqu'à ce qu'un cheval ailé de vapeur et de poussière d'étoile scintillantes s'en échappe monté par... Gingka ?!
_Oui c'est moi, fit Gingka avec un grand sourire. Je t'ai manqué ?
Kyoya, trop ébahit par cette vision, ne répondit pas.
_En tout cas toi, tu me manques continua-t-il. Ryuga commence à me taper sur le système.
Kyoya n'en revenait pas.
_Ecoute Kyoya, je n'ai pas beaucoup de temps. Je voulais juste te confier une mission si tu l'acceptes. Hyoma s'est marié il y a quelques temps et Koma est sans protection. De plus, Pégasus s'est totalement remis. Kyoya, je veux que tu ramènes Pégasus à Koma et que tu refasses d'elle la toupie légendaire et je veux que tu protèges le village. Hyoma te dira comment faire. C'est d'accord Kyoya ?
_Heu... oui... Mais...
_C'est bien. Sourit-il. Adieu Kyoya.
Il commençait à disparaître.
_Non ! Gingka attend !
_Je compte sur toi Kyoya !, fit la voix de Gingka qui ressemblait à présent à un lointain écho.
Pégasus ralentit jusqu'à s'arrêter de tourner. Kyoya le ramassa avec précaution et, semblant parler à la toupie, il murmura: « Tu peux compter sur moi, Gingka ».


Le texte est mien. Merci de ne pas vous l'approprier.
L'image est mienne. Merci de ne pas la copier.

Tags : Beyblade Metal Fight - Kyoya Tategami ~ - OS

L'indifférence 07/05/2017

 
 

 
Il y avait cette fille dans la classe. Elle s'appelait Jenna. Jenna Marsiana. Personne ne l'aimait. Elle était toujours seule. Je ne sais pas très bien pourquoi. Elle n'était pas bien belle c'est vrai mais j'avais déjà vu pire. Sa coupe de cheveux bruns foncé n'était qu'un simple dégradé retombant avec de petites ondulations sur ses épaules. Ces yeux étaient tout ce qu'on faisait de plus classique : marron virant au noisette. Elle était assez grande mais pas anormalement. Le plus gênant, c'était le reste parce qu'elle était plutôt ronde. On ne pouvait pas dire qu'elle était obèse mais elle avait clairement des problèmes avec son poids. D'ailleurs, ça la gênait visiblement pour s'habiller parce que tous ces vêtements étaient trop grands pour elle. Mais à part ça, c'était une personne plutôt aimable. Elle était gentille les rares fois où je lui avais parlé. Serviable aussi. Quand je lui parlais, il y avait toujours cette lueur dans ses yeux. Quelque chose entre l'étonnement et la reconnaissance. Comme un remerciement muet de lui adresser la parole. C'est vrai qu'elle ne parlait pas à grand monde. En fait, à part quand elle distribuait devoirs et fournitures en classe, je ne l'avais jamais vu discuté avec qui que ce soit... Beaucoup d'élève de la classe lui demandaient ses devoirs pour les copier ou lui demandaient de les laisser copier sur elle pendant les contrôles parce qu'elle avait souvent de bonnes notes. Elle ne disait jamais non. Je ne crois pas qu'elle était idiote. Loin de là. C'est juste qu'elle ne voyait pas l'intérêt d'y trouver quelque chose à redire. Les profs semblaient l'apprécier. Mais bon, ce n'était pas vraiment un atout pour ce faire des amis. Les gens avaient plutôt tendance à penser qu'elle faisait du zèle. Je ne crois pas que c'était le cas. Mais, comme avec moi, elle était tout simplement heureuse que quelqu'un, même un prof, accepte de lui parler. Finalement, c'était une fille un peu seule mais somme toute  assez banale.
 


Moi je m'appelle Kyoya Tategami. Cette fille, ce n'était pas mon amie. Je ne la connaissais pas. Je l'ai seulement remarquée parce qu'elle était seule et moi aussi. Je n'ai jamais tenté quoi que ce soit pour être son ami. Pas plus que pour un autre. Je n'ai pas d'ami. Je n'ai besoin de personne et j'en suis fier. Elle ? Je ne sais pas. Elle n'a jamais tenté quoi que ce soit non-plus. Mais, à bien l'observer, cela se voyait qu'elle n'était pas seule par choix. N'allez pas vous imaginer quoi que ce soit ! Je ne l'ai pas observé elle en particulier. Mais j'aime bien observer les gens. J'interprète leurs visages. Je découvre ce qu'ils pensent. Je passe toutes mes pauses à cette activité. Pourquoi je parle d'elle dans ce cas ? Parce que ce matin, elle n'était pas là.
Et alors ?, me direz-vous. Elle a bien le droit d'être malade de temps en temps ! Certes. Mais ce n'est pas ce qui s'est passé. Quand je suis arrivé au collège, je n'ai même pas remarqué son absence sur le moment. Et puis toute la classe a été invité à se rendre en salle polyvalente par le proviseur au lieu d'aller en cours. Même si je l'exprimais bien moins bruyamment que mes autres camarades, j'étais plutôt intrigué. Ce genre de réunion, par le proviseur de surcroit, était plutôt rare. Quand le proviseur a enfin réussi à obtenir le silence de la classe, il nous a dit que Jenna était morte ce matin sans plus de cérémonie. Il y a eu une sorte d'onde de choc dans l'assemblée. Personne ne pleurait ni ne semblait vraiment triste mais tous avaient au moins la retenue du respect. Après, nous avoir proposé un « soutien psychologique » auprès de l'assistante sociale, le proviseur nous a invités à retourner en cours.
 


Le reste de la journée, tout le monde ne parlait plus que de ça en des termes plus ou moins respectueux. Ils en parlaient comme d'un fait divers. Quelque chose de grave, certes, mais à prendre à la légère. J'étais éc½uré par la fierté que certain employaient pour en parler. Comme s'ils étaient fier que dans un minable petit collège de province, quelque chose « d'intéressant » ce soit enfin passé. Moi, je ne parlais pas. De toute façon, je n'avais rien à dire ni personne à qui le dire. Je me contentais de suivre les cours, en silence.
 


A la fin de la journée, une fille de la classe, Madoka, est venue me proposer de signer une carte de condoléances pour les parents de Jenna et d'accompagner le reste de la classe pour la remettre en main propre à leur destinataire. Je n'étais pas très enthousiaste parce que je n'ai jamais été très proche de cette fille. Mais en regardant les noms déjà inscrits sur la carte, je m'aperçus que j'étais sans doute un des plus proches. Si la situation n'avait pas été aussi grave, j'aurais ri des noms sur cette carte. Je reconnaissais çà et là celui qui l'avait frappé une fois à la sortie du collège, celui qui lui volait ses affaires, cette fille qui passait son temps à se moquer d'elle avec ses copines. Il y avait même des gens que Jenna ne connaissais surement pas. Alors tant qu'à faire, mon nom en plus ou en moins... Et puis, il aurait été incorrect de ne pas le faire si toute la classe s'y mettait. Alors j'ai accepté.
 
 
Quand nous sommes arrivés chez Jenna, Madoka a sonné. Une femme d'une quarantaine d'année nous a ouvert. Elle avait les yeux rougis d'avoir trop pleuré et semblait exténuée. Ses yeux erraient sur notre groupe l'air perdu. Madoka lui remis alors la carte en expliquant que nous étions des « camarades de classe de sa fille ». A ses mots, l'expression perdue de la femme laissa place à une sorte de fureur désespérée.
-Comment osez-vous ? , murmura-t-elle en tremblant.
Comment osez-vous ? , répéta-t-elle plus fort en recommençant à pleurer.
Nous la regardions un peu ahuris, ne sachant trop comment réagir. Après tout, nous croyons tous faire une bonne action...
Soudain elle explosa :
-Comment osez-vous venir ici après ce que vous lui avez fait ? , hurla-t-elle.
-Comment ça ? , demanda Madoka avec le courage de la perplexité. Nous ignorions que Jenna avait des problèmes de santé. Nous sommes désolés de...
-Des problèmes de santé ? , la coupa la femme. Vous vous foutez de moi c'est ça ? Jenna était en parfaite santé ! Jenna était une jeune fille merveilleuse ! Pleine de vie et...
Sa voix se brisa sur un sanglot avant qu'elle n'ait eu le temps de terminer sa phrase.
-Mais alors..., poursuivit Madoka. Elle ne poursuivit pas sa question. Elle voulait surement lui demander pourquoi Jenna était morte si elle n'était pas malade mais avait sans doute peur d'être indélicate. En ce qui me concerne, je trouvais que nous en avions assez fait. Je voulais repartir et laisser cette pauvre femme faire son deuil en paix. Mais Madoka n'avait pas l'air d'être de mon avis :
-Comment ?, tenta-t-elle.
Mais la pauvre mère, anéantie par la douleur, ne l'écoutait plus et se contentait de pleurer sur le pas de la porte.
 


Un homme est arrivé. Il ne pleurait pas mais semblait aussi très fatigué. « Le père de Jenna », ais-je deviné.
-Partez d'ici immédiatement. , nous dis-t-il d'un ton ferme et froid.
J'allais m'exécuter sans insister, soulagé d'en avoir fini avec cette séquence dans l'intimité de la tristesse du couple mais c'est le moment que choisit Madoka pour prendre son courage à deux mains et demander :
- Mais monsieur, nous voulions seulement savoir comment elle est morte ? 
Elle n'aurait jamais dû demander ça parce que le père de Jenna explosa à son tour et nous hurla :
- Comment elle est morte ? Comment elle est morte ? C'EST VOUS QUI L'AVEZ TUE ! VOILA CE QUE NOUS AVAONS RETROUVE CE MATIN A COTE DE SON CORPS !, hurla-t-il en nous jetant violemment une boulette de papier à la figure.
Madoka la rattrapa et la défroissa tandis que le père de Jenna faisait rentrer sa femme dans la maison et nous claquait la porte au nez. Madoka lut à haute voix pour que nous puissions entendre :
- « Mon petit papa, ma mamounette adorée, je suis désolée. J'espère que vous me pardonnerez mais je n'ai plus ni la force, ni le courage, ni la volonté de continuer à endurer cette vie. Je suis sûre que personne ne le regrettera. A part vous peut-être. J'espère que vous vous consolerez avec Thomas...
-Thomas ? , coupa quelqu'un.
-Son petit frère, répliqua un autre.
-En ce qui me concerne, poursuivit Madoka, le chemin s'arrête ici. Je n'ai aucune place dans ce monde. Et ils me le font bien sentir au collège. Tous ces mots, ces regards... Je ne peux plus les supporter. Encore pardon. Je vous aime. Jenna.
Il y eut un grand silence après ça. Puis nous nous sommes dispersés.
 


Moi je marchais en direction de ma maison où j'avais hâte de retrouver mes parents après une telle journée. Je pensais beaucoup aussi. Ainsi, Jenna s'était tuée. Et à cause de nous. Enfin, moi, je n'ai pas grand-chose à me reprocher : je ne me suis jamais moqué d'elle gratuitement, je ne l'ai pas frappé, je ne l'ai pas insultée...
Pourtant, au fond de moi, je me sentais coupable. Je savais que je me disais que je n'y étais pour rien seulement pour me donner bonne conscience. Parce qu'au fond, j'avais bien remarqué qu'elle n'allait pas bien. Et ce, depuis des mois. Et je n'avais rien fait. Comme la plupart de mes camarades, sauf peut-être les plus venimeux d'entre eux, je n'étais certes pas coupable d'une quelconque haine mais j'appartenais à ses meurtriers. L'arme du crime ? L'indifférence.


Le texte est mien, merci de ne pas vous l'approprier.


L'image n'est pas la mienne. Bien que j'imagine Jenna un peu comme ça,  je l'aurais voulu plus ronde. C'est affligeant de voir qu'il n'y a pas une seule jolie image de manga sur internet où la fille n'a pas l'air d'avoir 12 ans ou de faire un 34. Je ne suis pas douée en dessin de manga mais si certains le sont, vous savez ce qui vous reste à faire. Je pense qu'il y a un espace commercial.:D
--> Dessin de Jenna par Kyoya-Beyblade: http://kyoya-beyblade.skyrock.mobi/3296673058-Jenna-Marsianna.html  (Un grand merci à elle!!!)


Petite précision: Jenna Marsianna s'appelle ainsi parce que le mot "Jenna" se rapproche phonétiquement du mot "gêne" et "Marsianna" se rapproche phonétiquement des mots "marsienne" et " De Marsanne" (ce dernier est le nom d'une famille noble du Moyen-Age qui a, il me semble, disparue pendant la révolution de 1789). En bref, le nom que j'ai donné à Jenna Marsianna signifie littéralement, tel que je l'ai imaginé, "Personne gênante n'appartenant pas à notre monde ou issue d'une famille ayant fait les frais de la barbarie des hommes".
 

Plus sérieusement, je tenais à un texte coup de gueule sur le harcèlement scolaire et à la façon dont tout ça se passe de façon extrêmement discrète et presque naturelle sans que personne ne réagisse jusqu'au drame. Je l'ai vécu, je sais ce qu'on ressent. Je ne me suis pas suicidé à ce moment-là comme Jenna (ben non hein puisque je suis encore là) mais une partie de moi est morte à ce moment-là. 
Pour terminer sur une note plus joyeuse, je dirais simplement que même si on ne s'en remet jamais complètement, une vérité demeure: si on ne se tue pas et qu'on surmonte cette épreuve, on en sort blessé, certes, mais grandi et renforcé.
 
Si l'un ou l'une d'entre vous se sent concerné. Si vous êtes victime de harcèlement scolaire ou que vous avez l'impression que vous pourriez potentiellement en être victime. N'hésitez surtout pas à poster un commentaire en bas de cet article où à m'envoyer un message. Je n'ai pas la réponse à tous vos problèmes mais en parler peut vous faire du bien. Surtout que j'ai l'expérience du sujet et je peux donc peut-être vous aider à vous sortir de cette période tellement difficile.


Comment reconnaître le harcèlement scolaire? 
1) On se moque de vous chaque jour, voire plusieurs fois par jour.
2) Les moqueries fusent de toute part: de vos "amis", des camarades de la classe, d'autres élèves hors de votre classe...
3) Les moqueries portent sur n'importe quelle facette de vous. Elle peut être physique, mentale, environnementale...
4) Il y a une régularité dans les moqueries (toutes les semaines à une certaine heure où vous êtes plus vulnérable par exemple...)
5) Vous avez l'impression que vous le méritez et que ce qu'on vous dit pour vous blesser est vrai
6) On se moque de vous sur les réseaux sociaux (devant vous ou dans votre dos)
7)Quand vous vous en plaignez, les adultes ont tendance à sous-estimer ce que vous subissez ("c'est rien!", "c'est parce qu'il t'aime bien!"...).
8)Vous êtes toujours seuls. Les gens vous fuient pour ne pas subir votre impopularité.
9) Vos résultats baissent. Et vous vous sentez démotivés à travailler. Je précise que la baisse des résultats n'est significative que par rapport aux notes que vous avez l'habitude d'avoir. (Si vous avez un 8 de moyenne alors que vous êtes habitué à avoir un 9, ce n'est pas aussi significatif que si vous avez un 15 alors que vous êtes habitué à avoir un 18 même si 15 est une bonne note). 
10) On vous frappe. Signe le plus évident. 


Si vous voulez lire sur le sujet, témoigner ou être aidé: http://temoignages.francetv.fr/harcelement-scolaire/


Tags : L'indifférence - Harcèlement scolaire. - Suicide. - OS

La fin d'une légende 10/05/2017

Ce jour-là était une journée idéale pour jouer au beyblade. Le soleil était haut dans le ciel, il n'y avait presque pas de vent. Il faisait bon et pas trop chaud. J'avais vraiment envie de faire un combat. En particulier un duel contre Gingka. Ça m'a pris comme ça ce matin-là en me levant et ça m'a tenu toute la matinée depuis. Ce genre de pulsion, je ne pouvais  pas y résister. Et qui sait ? Peut-être que ce jour sera enfin le bon ! Peut-être que j'allais enfin le vaincre ! Gingka était mon rival de toujours. Je n'avais jamais réussi à le vaincre ne serait-ce qu'une fois. C'est pour ça que les duels contre lui m'excitaient à ce point. C'était un défi, une aventure ! Et quand j'étais dedans, pris par la passion, c'était comme si tous mes sens étaient décuplés. A chaque fois, mon c½ur battait à une vitesse folle ! A chaque fois, c'était comme si nous étions seuls au monde et que plus rien d'autre ne comptait. Les duels contre Gingka, pour moi en tout cas, étaient de véritables moments de jouissance, de paradis. Des instants d'infinis que l'on partage à deux dans le respect, le courage et, en ce qui me concerne, même si jamais je ne l'avouerai, dans l'admiration totale pour l'adversaire. Oui j'admirais Gingka. J'admirais sa force si différente de la mienne plus brute. J'admirais sa capacité à être toujours joyeux et toujours entouré quand je suis la plupart du temps seul et renfrogné. J'admirais sa détermination et sa volonté de ne jamais abandonner dont je m'inspire chaque jour. Et ce jour-là, avec ce soleil radieux, je n'avais qu'une envie, c'était de me replonger dans un de ces duels dont Gingka avait le secret.
 
Je suis donc allé au BeyParc au lieu de m'entraîner à l'écart comme j'en ai l'habitude.
Quand je suis arrivé, je n'ai pas mis 2 secondes pour repérer Gingka au milieu d'une foule de gamin en quête de conseils de beyblade. Je ne tenais déjà plus en place. La simple perspective d'un duel beyblade contre Gingka me mettait dans tous mes états. Mais il fallait attendre que Gingka en finisse avec les gosses. Tel que je le connaissais, il était capable d'y passer toute la journée. Aussi, me suis-je appuyé au mur dans un coin, bien en évidence pour qu'il me voie. J'ai adopté une mine boudeuse et renfrognée pour lui montrer que je détestais attendre et aussi pour me donner une contenance plus digne.
Au bout de quelques minutes, il fini par me voir :
-Kyoya ?, Me demanda Gingka. Me dis pas que toi aussi tu veux que je te donne des conseils de Beyblade, Me taquina-t-il.
-Fais attention Gingka, répondis-je sur le même ton sans même lever la tête, tu risques de me vexer. Et c'est très mauvais de me vexer quand je m'apprête à te défier en combat singulier.
D'un mouvement théâtral, j'ai brusquement tendue ma toupie vers lui pour le provoquer en duel dans les règles de l'art :
-Affronte-moi Gingka !
Gingka eut un sourire. Comme s'il n'attendait que ça. Il s'est lentement redressé et d'un mouvement tout aussi théâtral que je venais de le faire, il a tendu son bras devant lui pour me montrer sa toupie en disant :
-Quand tu veux Kyoya ! Pégasus et moi, on va te mettre la pâtée !
J'ai souri. C'était toujours comme ça entre nous. Et je ne voulais pas que ça change. Oh non. Je ne voulais surtout pas que ça change.
-Mais Gingka tu nous avais promis..., râle un gosse.
-Désolé les amis mais je ne recule jamais devant un duel ! , a répliqué Gingka.
Mon sourire s'agrandit de cette priorité que Gingka m'offrait. Voilà bien le Gingka que je connaissait !
 
Ensuite nous nous sommes dirigés vers le plus grand des stadium du BeyPark où ont lieu toutes les compétitions. Il y avait des petits qui jouaient dedans mais ils sont immédiatement partis quand ils nous ont vu arriver. Etre Gingka Hagané, le meilleur blader du monde en titre ayant de surcroit sauvé le monde et Kyoya Tategami, son plus grand rival, ça donne certains privilèges.
 
Nous nous sommes placés de part et d'autre du stadium. Ça y était. On allait commencer. Mon c½ur battait la chamade. Ça allait être tout simplement génial. Mais avant que nous ayons eu le temps de lancer le compte à rebours, nous sommes interrompus par des cris :
-Hé attendez on veut voir !
- Oui attendez s'il vous plaît on ne veut pas rater ça !
En me retournant, j'ai vu une foule de bladers se précipiter dans les gradints pour ne pas rater une miette du spectacle que nous allions leur donner. J'affichais un sourire fier et satisfait d'un tel engouement pour nos combats. Je tournais la tête vers Gingka et échangeait un regard complice avec lui. Ça oui, nous allions leur en donner du spectacle. Plus rien ne pouvait gâcher ce moment.
-Bladers, Bladeuses du monde entier ! Nous voici en direct de BeyCity pour assister à un combat amical et exceptionnel entre nos deux meilleurs bladers ! J'ai nommé... Gingka...
La foule en délire acclama son nom. Lorsqu'elle se calma un peu, le blader DJ continua :
-... et Kyoya !
A foule repartit de plus belle !
C'était plutôt incroyable ! Ce combat était hors compétition et ne devait être qu'un match amical mais notre popularité à tous les deux était si grande que même les médias ont fait le déplacement. J'en retirais une certaine fierté. Même si, au fond, la seule chose qui m'intéressait, c'était le combat qui m'attendait. Je levais mon lanceur. Gingka fit de même. Nous nous regardions droit dans les yeux, sans ciller. Le stade monstrueusement bruyant quelques minutes auparavant était devenu parfaitement silencieux. Chacun retenait son souffle.
-Bladers, bladeuses du monde entier ! , repris le blader DJ, le combat ne va pas tarder à commencer ! Nos combattants sont en place, il est temps de lancer le compte à rebours ! 3 !
-2 !, lança Gingka
-1 !, m'écriais-je sentant monter en mois un pic d'adrénaline.
-Hyper-vitesse !, m'écriais-je avec Gingka.
Je mis toute la force que je pu trouver dans mon lancé et Léone atterrit à toute vitesse dans le stadium. Evidemment, Pégasus n'attendit pas une seconde pour commencer à me lancer une série d'attaques barrage à la vitesse du son. Pegasus est la meilleure toupie d'attaque au monde et la plus rapide. Malheureusement pour lui, je m'enorgueillissais de posséder la meilleure toupie de type défense. Les attaques barrage de Gingka étaient un classique pour lui. Je les connaissais par c½ur et Léone était parfaitement entraînée pour y faire face. Quand je sentis le moment opportun, j'appelai ma toupie pour qu'elle contre l'attaque. Le timing était parfait et Pégasus partit valser un peu plus loin. Je jetais un regard à Gingka. Il semblait s'y attendre. Nous n'avions pas encore vraiment commencé.
-Pégasus ! Mode suprême !
Pegasus a encore accéléré. Ses attaques de longues portées frappaient ma toupie avec violence.
-Bien c'est à moi !, lancé-je. Léone ! Rugissement tempétueux du lion !
L'attaque de Pégasus a été bloquée.
-Ok Pégasus ! Tempête engloutissante !
Pegasus a tourné autour du stadium et ma tornade s'est affaiblit. Il était en train de me faire le coup du vide. Ce coup-là aussi, je le connaissais. Dans quelques secondes, il allait me percuter de plein fouet. Mais j'ai pris les devants.
- Léone ! , m'écriais-je.
Ma toupie savait très exactement quoi faire. Avant que Pégasus ne la percute, elle la percuta par le dessous, envoyant valser très haut dans le ciel la toupie de Gingka. Evidemment, Gingka ne perdit pas une seconde pour lancer :
- Pegasus ! Explosion galactique !
J'attendis quelques secondes sans bouger. Gingka me regardais d'un air interrogateur. Bien sûr, il savait que je n'allais pas perdre devant si peu. Il m'avait vaincu une fois avec ce coup mais nous étions tout les deux encore débutants à l'époque. Ce n'était plus le cas depuis longtemps. C'est pourquoi, quand Pegasus fut à mi-hauteur je hurlais :
- Léone, envole-toi !
Je n'avais encore jamais essayé cette man½uvre. Elle nécessitait un timing impeccable. J'espèrais être dans le rythme quand je lancais :
- Léone ! Frappe du vent inversée du lion !
Cette fois j'avais gagné, je le sentais ! Pégasus était lancé à toute vitesse contre une toupie qui n'était plus dans le stadium tandis que ma toupie l'attaquait par derrière. Il allait s'écraser contre le stadium et perdre par arrêt de rotation.
En un éclair, je crois qu'il a compris ce qu'il se passait. Mais il n'a pas le temps de réagir. Le choc de Pégasus contre le sol fut extrêmement violent parce que Gingka avait vraiment mis beaucoup de force dans ce coup qui lui était tellement personnel. Mon Léone n'attendit pas que Pegasus retrouve son équilibre pour le frapper avec une violence redoutable. L'explosion fut gigantesque. Je luttais pour tenir debout en gémissant. Des cris résonnaient dans tout le stadium. Les gradins étaient en train de céder sous la violence des impacts et les spectateurs furent contraints de quitter le stadium. En attendant que la poussière ne se disperse, je sentis mon c½ur accélérer. Qui avait remporté la confrontation ? Qu'était-il sortit de cette attaque ? Quand la poussière se dissipa enfin, mon c½ur s'arrêta. Je ne pouvais pas croire ce que je voyais. C'était inespéré. Car oui, cette fois, et pour la toute première fois, je pu voir un Pegasus arrêté à côté d'un Léone qui continuait de tourner. Je n'arrivais pas à le croire. Toutes ces heures de travail que j'avais effectué, toute cette sueur que j'avais versée. Ce rêve que je poursuivais depuis si longtemps. J'y étais enfin arrivé. J'y étais enfin parvenu. Levant les yeux vers Gingka, je le vis me sourire tristement. Je ne pouvais pas me détacher de ses yeux. Je n'entendis même pas les vivas de nos autres amis. Tout ce que je voyais, c'était le regard admiratif que Gingka m'adressais. Puis subitement, il se mit à taper dans ses mains. D'autres suivirent et, progressivement, le stade entier m'acclamait. Je croyais être dans un rêve. J'avais vaincu Gingka. Il m'applaudissait. Les autres aussi. Dans le lointain, j'entendais le blader DJ excité comme une puce s'écrier dans le micro :
-Mes amis c'est incroyable ! Nous venons de vivre des instants historiques dans l'histoire du beyblade ! Kyoya Tategami, le fougueux roi des animaux a vaincu Gingka Hagané, le champion du monde en titre ! C'est exceptionnel ! C'est émouvant ! C'est merveilleux ! Je vais immédiatement tenter de l'interviewer ! Je vous rejoins dans quelques instants !
Gingka m'adressa un nouveau sourire. Je l'entendis me dire :
-C'était un très beau combat Kyoya. Tu as mérité ta victoire.
Puis il a tourné les talons et il est partit. J'étais un peu triste pour lui. Pour l'avoir vécu, je pouvais imaginer ce qu'il ressentait. Il avait surement besoin d'être seul quelques temps. De toute façon, je n'aurais rien pu faire d'autre parce que le bladers DJ m'attrapa et me tint la jambe pendant 2 bonnes heures pour me demander mes impressions, comment j'avais réussi cet exploit... J'étais aussi concis que possible. J'ai toujours détesté me prêter au jeu des journalistes. Quand ils me lâchèrent enfin, je sortis du BeyPark, l'esprit encore embrumé du bonheur et de la fierté de cette victoire. Cette nuit-là, je m'endormis dans mon entrepôt habituel, dans l'ancien repère des chasseurs de tête en ayant enfin l'impression d'être en paix avec moi-même.
 
 
Quand je me suis réveillé le lendemain, il pleuvait. J'entendais les gouttes taper contre le toit de l'entrepôt. M'allongeant sur le dos, Léone entre mes doigts, je me demandais si je n'avais pas rêvé. Si je n'avais pas imaginé la journée d'hier. Grognant contre le fait que je ne pouvais pas sortir, j'allumais une petite radio, seul luxe que je possédais et que j'avais volé il y avait de ça quelques années. Je décidais de me détendre en passant mes bras derrière ma tête en écoutant les nouvelles. Après un grésillement, j'entendis alors :
« Toute la France est actuellement le siège d'une dépression qui ne devrait pas bouger avant demain. Les températures restent fraiches. 9 à Lille, 10 à Paris, 14 à Bordeaux et à Marseille, 13 à Toulouse et à Perpignan. Nous sommes aujourd'hui le 15 janvier et nous fêtons les Rémy. Et tout de suite les nouvelles économiques et politiques... »
Je n'écoutais pas ces dernières nouvelles. Elles ne m'intéressaient pas. Je préférais rêvasser à ma merveilleuse journée de la veille et à ma victoire contre Gingka. J'avais encore du mal à le croire. Je sortis brutalement de ma rêverie lorsque j'entendis :
« Après avoir perdu de façon très surprenante contre son rival Kyoya Tategami, le champion du monde de beyblade en titre Gingka Hagané a été transféré d'urgence à l'hôpital. Selon nos sources, ses jours ne sont pas en danger mais il semblerait être victime d'une petite faiblesse. Cela pourrait expliquer sa défaite d'hier. Nous reviendrons vers vous dès que nous en sauront plus. Et du côté de l'actualité musicale nous avons... ».
Je ne laissais pas la radio continuer. Ce que je venais d'apprendre m'avait soufflé. Gingka à l'hôpital ? Qu'est-ce qu'il avait ? Il fallait que je sache. Au mépris de la pluie je sortis en courant de l'entrepôt pour gagner l'hôpital. J'ai couru de longues minutes sous la pluie. Le vent était contre moi. La pluie battante trempait mes maigres vêtements et me frigorifiait jusqu'aux os. En plus, je ne voyais pas à 3 mètres. Dans ma course, je bousculais plusieurs personnes mais n'y prêtais pas vraiment attention. Quand j'arrivais enfin à l'hôpital de secteur frissonnant et tremblotant, je me dirigeais immédiatement vers l'accueil. La dame me dit que Gingka ne pouvait pas recevoir de visite. J'eut beau la menacer, elle ne sembla nullement impressionnée et refusa de me donner son numéro de chambre. Je décidais de renoncer à l'idée de la convaincre et de retrouver Gingka par mes propres moyens.
Finalement, ce n'était pas si compliqué de trouver la direction... Il suffisait de suivre les journalistes ! Sacré Gingka ! Sa popularité est à mon avantage finalement. Apparemment Gingka se trouvait au 3ème étage. Mais en haut des escaliers, les journalistes étaient bloqués par une horde d'infirmières pour les éloigner de la chambre de Gingka. N'ayant aucune caméra sur moi et n'ayant vraiment pas l'allure d'un journaliste propret et coquet, les infirmières ne se méfièrent pas de moi ce qui était plutôt un comble : pour la première fois, mon allure de mauvais garçon était un avantage. Je marchais lentement dans le couloir, scrutant les chambres par les quelques hublots, tendant l'oreille dans l'espoir d'entendre la voix de Gingka pour me guider.
Mon v½u fut exaucé quelques minutes plus tard en entendant Gingka s'écrier d'une porte voisine « Mais enfin docteur ! ». Je m'empressais de m'approcher pour y coller l'oreille. Gingka semblait en pleine conversation avec son médecin Je n'entendis pas la fin de l'exclamation de Gingka. En revanche, j'entendis très bien la réponse du médecin :
« Je vous avais prévenu Mr Hagané, du repos et pas d'effort physique intense. Vous devez économiser vos forces si vous ne voulez pas que votre sclérose en plaque ne se développe plus vite que prévu ! »
Une sclérose en plaque ? Avais-je bien entendu ? Je n'étais pas un spécialiste des maladies mais celle-ci, je la connaissais. Une maladie progressive qui paralyse le corps entier petit à petit jusqu'à ce que vous mouriez d'étouffement. Une maladie horrible. Mais Gingka ne pouvait pas avoir ça pas vrai ? Il allait très bien. Il était en bonne santé.
« -  ... pas faire autrement docteur ! Ma vie entière c'est le beyblade ! Et je suis le champion du monde ! Je dois montrer l'exemple !
 - Et bien vous allez devoir vous décharger de cette responsabilité ! Votre corps ne peut plus le supporter 3 de vos doigts gauches sont déjà paralysés ! Estimez-vous heureux d'être droitier, ça vous fait gagner un peu de temps...
- ça je le sais ! Et je fais ce que je peux ! J'ai passé le flambeau hier, en quelque sorte.
-Comment cela ?
-J'ai fait exprès de perdre contre Kyoya hier pour que ce soit lui le nouveau champion du monde de beyblade et pour pouvoir me retirer en paix. Vous croyez que ça a été facile ? Quand Léone m'a percuté, si j'y avais mis toute ma volonté, j'aurais survécu à ce coup. Mais je ne l'ai pas fait. Je l'ai laissé me battre. Ça a été le pire moment de toute ma vie. C'est la première fois que je ne joue pas franc jeu.
Il a quoi ? Non c'est pas possible ! Je rêve là ! Je vais surement me réveiller !
-... déjà 3 mois que vous connaissez le diagnostic ! Vous auriez dû vous attendre à ce que ça arrive un jour ou l'autre !
-Je sais docteur. Et c'est fait maintenant. J'ai passé le flambeau. J'arrête le beyblade.
-Ne soyez pas si triste ! Vous pouvez gagner 5 mois de vie grâce à cette décision ! Bien. Je dois aller visiter mes autres patients. Bon rétablissement Mr Hagané. Et reposez-vous surtout. »
Je m'empressais de m'assoir proche d'une autre porte le dos tourné pour que le médecin ne me voit pas. Quand il tourna à l'angle du couloir, j'entrais dans la chambre de Gingka brutalement.
 
Il était assis dans son lit, l'air pensif. La chambre d'hôpital était entièrement blanche et l'ameublement était très rudimentaire. Gingka était sous perfusion et donc lié à plusieurs poches de liquides. Quand j'entrais, il leva immédiatement les yeux vers moi avec un air interrogateur :
-Kyoya ! Mais qu'est-ce que tu fais là ? 
Je ne répondis pas. Dans mon attitude, j'hésitais entre colère et pitié. Finalement c'est la colère qui l'emporta et je m'écriais :
-Et tu comptais me le dire quand que t'étais malade hein ? Et me faire croire que je gagne des combats contre toi, ça t'amuse ? Tu aimes bien te foutre de ma gueule c'est ça ? T'as intérêt à avoir une excellente explication et tout de suite !
-Kyoya, je t'en prie calme-toi...
-Que je me calme ? Je croyais enfin avoir réalisé mon rêve ! Je croyais enfin t'avoir vaincu ! Et j'apprends que tu as fait exprès de perdre ! J'apprends que tu as fait exprès de me combattre uniquement pour me faire croire que j'avais gagné ! Tu me déçois beaucoup Gingka ! Tu me déçois énormément.
-Kyoya... Pardon, ce n'est pas ce que je voulais...
-Ah non et on peut savoir ce que tu voulais alors ? , demandais-je avec un cynisme ironique.
-Kyoya, je voulais simplement faire de toi le nouveau champion du monde de beyblade quand je ne serais plus là. C'est le moins que je puisse faire pour toi...
-Je n'ai pas besoin de ton aide pour être le meilleur blader du monde. Je le suis déjà ! Et il ne me restera plus qu'à te battre quand tu seras rétabli et je te le prouverai !
Gingka m'adressa alors un petit sourire triste et je réalisai l'absurdité de ce que je venais de dire. Bien sûr, si Gingka était atteint de Sclérose En Plaque, son état ne pourrait que s'aggraver. Il n'ira jamais mieux.
-Tu es le meilleur blader du monde à présent Kyoya. Et c'est tout ce qui compte. Même si j'aurais préféré ne pas avoir à te le dire comme ça.
Je lui envoyais un regard interrogateur alors il poursuivit :
- J'aurais voulu que tu ne saches jamais pour ma maladie ou alors très tard et que tu continues de penser que tu as gagné parce que tu étais devenu meilleur et pas parce que j'étais devenu plus faible. 
J'étais incapable de dire quoi que ce soit. Une partie de moi avait envie de s'énerver contre lui pour me manipuler de cette façon et l'autre partie comprenait qu'il avait agi dans l'intention de me protéger en quelque sorte. Il avait fait ça pour que je puisse me dire : « J'ai réussi à le vaincre avant qu'il ne meure ». Et j'en étais touché même si je n'en laissais rien paraître.
-Kyoya écoute-moi. , me dit-il. Que tu saches ou non ne change rien. Tu m'as battu un point c'est tout. Kyoya tu es maintenant le plus grand blader du monde ! C'est le sens de l'histoire. C'est comme ça que ça doit se passer.
-Et si je refuse ? Si je veux que tu restes invaincu jusqu'à la fin ?
-Kyoya...
-Non Gingka. Je ne tricherais pas. Qu'importe ma fierté ! Qu'importe ma déception ! Je ne te trahirais pas en mentant de la sorte !
-Mais Kyoya...
-Non Gingka ! Je refuse ! Je n'ai pas ce genre d'attitude. Tu seras le meilleur blader du monde jusqu'à ta mort que tu le veuilles ou non !
A la suite de cette entrevue mouvementée, je suis allé tout droit donner une conférence de presse aux journalistes. Je déteste faire ça mais cette fois-ci je n'avais pas le choix. Je ne leur aie pas dit de quelle maladie souffrait Gingka. Je leur aie simplement confirmé que s'il n'avait pas été malade, il aurait surement gagné notre duel.
 
Gingka sortit de l'hôpital quelques jours plus tard mais il n'avait plus le droit de jouer au beyblade. J'en avais mal au c½ur pour lui. Quelle perspective affreuse ! Renoncer à ce qui nous tient le plus à c½ur sans aucun espoir de changement jusqu'à la fin d'une vie qui s'arrêtera prématurément. J'étais complètement impuissant dans cette situation ! Je n'avais pas le pouvoir de guérir Gingka. Je ne pouvais pas lui insuffler la force de jouer au beyblade. Je ne pouvais même pas retarder sa mort prochaine. Je déteste ce sentiment d'impuissance. Toute ma vie j'ai combattu et je me suis endurci pour éviter de le ressentir. Mais j'y étais contraint malgré tout. Gingka restait avec ses amis proches la plupart du temps tandis que je restais à l'écart, me jugeant inutile sinon délétère car j'avais conscience de représenter à moi seul toute la tristesse de la fin de sa carrière de blader. Je me contentais de l'observer de loin. Je savais ce qu'il lui arrivait à chaque instant. S'il ne m'avait pas vu depuis notre entrevue à l'hôpital et qu'on ne s'était pas parlé depuis, moi j'avais surveillé le moindre de ses fait et gestes à distance. Je vivais avec lui chacun de ses handicaps, la découverte de chacune de ses facultés perdues. Pour moi, c'était une véritable torture. Je n'imagine même pas ce que c'était pour lui. J'espérais chaque jour que son état ne s'aggraverait pas ce jour-là. Et je vivais chacune de ses nouvelles incapacités comme si c'était à moi qu'elle était arrivée. Ma vie était en totale communion avec celle de Gingka. J'ai même cessé de jouer au beyblade à ce moment-là ne réussissant pas à me concentrer sur autre chose que sur ma culpabilité de pouvoir encore y jouer quand Gingka, lui, ne le pouvait plus.  Au bout de quelques semaines, Gingka ne se déplaçait plus sans canne. Quelques semaines encore et il restait assis en fauteuil roulant. Au bout de 3 mois, Gingka ne pouvait plus bouger le bras gauche et à peine le droit.
 
Lorsqu'il ne put plus bouger son bras droit, il demanda à me voir. C'est Benkei qui est venu me trouver pour me le dire. Je rejoignis donc Gingka au rendez-vous qu'il m'avait donné au vieux stadium en ruine où nous serions tranquilles. Lorsqu'il me vit arriver, Gingka me sourit. Je gardais le visage fermé et le regard neutre comme à mon habitude principalement pour me protéger moi-même de la pitié qu'il m'inspirait malgré moi. Comme Gingka ne semblait pas pressé de parler, j'engageais la conversation :
-Tu voulais me voir ? , demandais-je. J'aurais voulu être plus aimable. Lui demander comment il allait par exemple. Mais je n'étais pas très doué pour ce genre de choses. Gingka ne s'en formalisa pas.
-Oui j'ai une faveur à te demander. , me répondis-t-il très calmement.
Je haussais un sourcil interrogateur attendant qu'il termine d'exprimer sa pensée.
-Kyoya je ne peux plus bouger ni les bras, ni les jambes. Certains muscles de mon visage et de mon dos commencent à s'engourdir.
Je ne savais pas quoi répondre.
-Kyoya, reprit-il, bientôt, je ne pourrais plus parler. Ensuite je ne pourrais plus manger. On me mettra une sonde pour que je puisse me nourrir. Et peu après, on devra me brancher sous respirateur avant que je ne meure. Et... Je.... Je ne veux pas vivre ça Kyoya...





Sa voix se brisa à la fin de cette réplique dans un sanglot contenu mais reconnaissable. Je ne savais toujours pas quoi faire. De ma vie je ne me suis jamais senti aussi impuissant ! Les émotions m'envahissant, je me contentais d'une réponse courte et la plus neutre possible :
-Et qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
Gingka ne répondis pas tout de suite. Il me regardait  dans les yeux comme s'il essayait d'évaluer si j'allais céder à sa requête avant même qu'il ne la prononce. Je me sentais mal à l'aise alors je répétais ma question :
-Qu'est-ce que je peux faire pour toi Gingka ?
Après encore quelques secondes de silence pendant lesquelles Gingka ferma les yeux, semblant prendre son courage à deux mains, il dit d'une voix ferme :
-Tue-moi.
Je me figeais, sous le choc. Gingka semblait fatigué mais ses yeux reflétaient une grande détermination. Il était très sérieux. Il ne l'avait sans doute jamais autant été. Mais je ne savais pas quoi répondre.
-Gingka, je... , tentais-je.
Voyant que j'hésitais il continua.
-Kyoya, les lois interdisent l'euthanasie. Au mieux, on m'empêchera d'avoir mal et on me mettra dans le coma. Je ne veux pas finir comme ça Kyoya. Je veux rester digne et maître de moi-même jusqu'à la fin et je crois que tu peux le comprendre mieux que personne.
Ces paroles me touchèrent plus que je ne saurais le dire. Bien sûr que je comprenais ! Bien sûr que j'aurais probablement demandé la même chose à Gingka. Et, dans une situation semblable, j'aurais voulu qu'il me l'accorde.
-Je sais que tu risques beaucoup. Si on t'arrête, tu iras en prison. Mais on ne t'arrêtera pas, toi, Kyoya. Tu les sèmeras toujours. Tu t'en sortiras et puis même si la police t'arrête, il n'y a que toi qui pourrais survivre en prison parmi mes amis. Bien sûr, il faudra que tu trouves ce qu'il faut mais je t'aiderais, tu n'auras pas à trop t'embêter...
-Je m'en fous de tout ça Gingka ! , le coupais-je. Je me fous royalement de savoir si je vais être poursuivi par la police ou combien je vais devoir débourser pour payer un pistolet !
-Alors c'est d'accord ?
-Je...
Ses yeux brillants me regardaient.
-C'est que...
Je balbutiais, me perdais dans mes réflexions puis soudain explosais :
-tu te rends pas compte de ce que tu me demandes ! Comment je pourrais faire une chose pareille ? Comment je pourrais me regarder en face ? T'y a pensé à ça ? à ce que ça me ferait de te tuer ?
A bout de souffle d'avoir crié. Je me retournais pour ne plus avoir à le regarder dans les yeux.
Il y eut un silence. Je me calmais en écoutant le vent faire glisser le sable sur le sol. Quelques instants plus tard, Gingka me répondis :
-Je crois que tu me respectes suffisamment pour que la pensée de me voir totalement dépendant de machines te soit encore plus intolérable que l'idée de me tuer.
Je baissais la tête. Il avait raison. Mais comment s'y résoudre ?
-Kyoya, parmi tout ceux que je connais, je ne demanderais qu'à toi. Parce que si tu refuses, personne ne le fera. Toi seul est assez fort Kyoya. Il n'y a qu'en toi, que j'ai confiance pour faire ça.
Je gardais le dos tourné encore quelques minutes. Je sentais dans mon dos le regard suppliant de Gingka qui semblait me transpercer en part en part. Finalement, je me suis retourné et, sans être vraiment sûr de ce que je faisais, j'ai hoché la tête en signe d'assentiment. Il a également acquiescé pour me répondre. Alors j'ai demandé : « quand ? ».
Gingka ferma les yeux un instant avant de répondre : « Quand je ne pourrais plus parler ».
Je hochais la tête.
 
Dorénavant, je priais encore plus chaque jour pour que les handicaps de Gingka ne s'aggravent pas, du moins pas trop vite. J'étais très nerveux. J'avais beaucoup de mal à calmer mes nerfs en pensant à la suite. J'étais très agité. Je dormais très peu. Allais-je pouvoir tenir ma promesse ? Allais-je pouvoir faire ce que Gingka me demandait ? D'un point de vu matériel, tout était prêt. Je m'étais procuré le pistolet et quelques cartouches que je gardais avec mes autres (maigres) affaires à l'entrepôt où je dormais. Je le prenais dans mes mains chaque soir pour m'habituer à son contact et pour m'entraîner à viser juste car je n'aurai pas le droit à l'erreur. Je ne voulais pas infliger à Gingka de douleur supplémentaire. Pourtant, j'avais encore les mains moites et les bras tremblants en le levant vers la cannette qui me servait de cible. Je faisais de mon mieux pour me maîtriser mais ce n'était pas simple de rester calme. Je vivais chaque jour en redoutant que Gingka ne puisse plus parler tout en me préparant pour le jour fatal. Pendant cette période, j'admirais énormément Gingka. Je veux dire, encore plus que d'habitude. Après la promesse que je lui avais faite, il semblait plus serein. Moins inquiet de son avenir. Pourtant, au regard des cernes qu'il avait sous les yeux, cela se voyait qu'il ne dormait pas beaucoup non-plus. L'angoisse du lendemain devait être encore plus terrible pour lui que pour moi. Et pourtant, il avait encore le sourire, un peu forcé quelque fois mais toujours sincère. Il continuait d'essayer de poursuivre sa vie. Il sortait se promener dans son fauteuil tous les jours. Il passait du temps avec ses amis et avec son père. Il donnait régulièrement des conseils de beyblade à de jeunes débutants avides de profiter de son expérience et de sa gentillesse. Même dans sa situation, son discours n'avait pas changé. Croire en soi, se battre jusqu'au bout même quand l'issue semble incertaine, ne jamais abandonner que ce soit pendant un combat ou après une défaite. Tout ce petit discours qui m'avait autrefois semblé niais, vain et inutile prenait d'un seul coup tout son sens. Bien qu'il soit encore très jeune, Gingka était un grand homme, un modèle. Non seulement pour tous les bladers mais aussi pour tous les hommes.  Malgré toutes ses incapacités, malgré l'épée de Damoclès en équilibre instable au-dessus de sa tête, malgré les regards de tristesse et de pitié qu'il devait subir, il continuait à forcer son bonheur.  Cette performance était une leçon de force et de courage adressée à l'humanité toute entière.
 
Le jour vint. Je me souviendrais toute ma vie de ce jour-là. C'était le 20 Mai. Il faisait un temps radieux à l'extérieur. Lorsque je me suis réveillé ce matin-là, l'ai eu un pressentiment. Un très mauvais pressentiment. Je ne savais pas trop comment mais je savais que le jour était arrivé. J'essayais de me résonner : il n'y avait aucune raison pour que ce soit plus aujourd'hui qu'un autre jour. Mais le temps m'a donné raison. En effet, environ une heure plus tard, alors que je faisais tourner Léone dans le vide pour m'occuper les yeux et l'esprit, assis sur je ne sais quel container, Benkei est venu me trouver l'air dépité. Il m'appelait de loin avant de se rapprocher comme à son habitude. Quand il fut assez prêt je daignais tourner les yeux vers lui pour l'autoriser à parler.
-Gingka ne peut plus parler, me dit-il sans détour. Il savait que je n'aimais pas qu'on tourne autour du pot.
Je soupirais. J'attendis quelques secondes avant de me lever lentement puis de renvoyer Benkei dire à Gingka que j'arrivais tout de suite. J'attendis qu'il s'éloigne suffisamment pour me saisir du pistolet que j'avais caché et le glisser dans la ceinture de mon pantalon. Le contact froid du métal me mettait mal à l'aise mais je ne pouvais pas me balader  en pleine rue en le tenant à la main. Fin prêt, je partis vers le magasin de Madoka où était hébergé Gingka. Mes pas étaient lourds mais je m'obligeais à les faire quand même. Quand j'arrivais chez Madoka, Gingka me vit aussitôt. Je lui proposais de sortir prendre l'air d'une façon à ce qu'il comprenne que j'étais prêt pour respecter ma promesse. Gingka cligna des yeux. Madoka m'expliqua rapidement que c'était leur nouveau système de communication. Un clignement pour un « oui » et 2 clignements pour un « non ». Je saisis alors la poignée au dos du fauteuil de Gingka pour l'entraîner. Avant de partir, je laissais Gingka faire des adieux muets à ses amis par la simple profondeur de son regard. Je ne savais pas si ceux-ci avaient reçu le message. Mais ce qui comptait, c'est qu'au bout d'un certain temps, Gingka tourna la tête vers moi pour me signifier qu'il était prêt. Je poussai alors son fauteuil vers la sortie. Arrivé là, je ne savais pas trop où l'emmener. Je n'y avais pas réfléchi. On ne pouvait pas rester dans le centre-ville : mon pistolet serait trop repérable. On ne pouvait pas non-plus aller trop loin dans la périphérie car il fallait rester sur du béton pour le fauteuil de Gingka. Je songeais à l'emmener dans l'entrepôt ou je dormais mais il me semblait que l'endroit était indigne. Tout en poussant son fauteuil, j'avançais dans la rue en réfléchissant. Je lui aurais bien demandé ce qu'il préférait mais il ne pouvait plus parler. Quand nous arrivâmes au bord de la rivière, Gingka tourna la tête vers moi. Evidemment. Il adorait cet endroit. Je poussais le fauteuil en contrebas et l'arrêtait à un mètre de l'eau. Je sortis le pistolet que j'avais laissé dans ma ceinture tandis que Gingka laissait son regard se perdre dans le lointain. Le métal avait eu beau être en contact avec ma peau depuis plus d'une heure, il était toujours aussi froid dans ma main. Et toujours aussi lourd. J'avais même l'impression qu'il s'était encore alourdi, qu'il ne faisait que s'alourdir au fur et à mesure que ma mission se concrétisait. Le pistolet entre les mains, j'attendis que Gingka se tourne vers moi. Il dû le sentir car il me regarda quelques seconde plus tard. Une dernière fois je lui demandais :
-Tu es sûr Gingka ? Tu es sûr de vouloir faire ça ?
Il resta figé un instant avant de cligner. Une fois. Oui, traduis-je. Alors je levais mon arme vers lui le bras tremblant. Je visais sa tête pour une mort plus rapide et moins douloureuse. Mes doigts cherchèrent la gâchette puis, lorsqu'ils l'eurent trouvé, ma main fut parfaitement positionnée. Je n'avais plus qu'à tirer. Mais je ne le faisais pas. Le bras tendu, la main serrant le pistolet, je restais immobile. Gingka me regardait calmement même si je voyais qu'il avait peur. Il était même terrifié. Je soutenais son regard. Il cligna lentement. Je pris ce clignement comme signal et appuyai sur la gâchette. Tout se passa alors très vite et pourtant, j'eu l'impression que le temps s'était ralenti. Le bruit que fit la balle propulsée me fit l'effet d'une bombe. Le recul du pistolet me déséquilibra. La balle vint se loger dans la tête de Gingka qui tomba à la renverse sur le côté de son fauteuil. Du sang commençait à couler du trou qu'avait fait la balle dans la tête de Gingka.
 
- C'est là que je compris que c'était fini. Puis je suis allé voir la police et je me suis dénoncé. Voilà monsieur le juge. Voilà tout ce que je peux dire pour ma défense et je n'attends aucun traitement de faveur de votre part, finissais-je d'une voix forte.
Dans le tribunal, on n'entendait aucun bruit si ce n'est le stylo du greffier courant sur le papier. Mon avocat me regardait l'air désolé. Après des aveux pareils, j'allais probablement être condamné à perpétuité. Mais ça n'avait plus aucune importance. J'avais fait ce que je devais faire et plus rien d'autre ne m'attendait dans cette vie. Quand le verdict tomba, deux policiers me prirent chacun un bras pour m'emmener en prison. J'aurais pu me libérer facilement mais je n'en avais pas l'intention. J'entendis de loin la voix de Benkei, qui était venu assister à mon procès, m'appeler dans l'assemblée. Je lui envoyais un dernier regard pour le remercier d'avoir été un ami si fidèle pour moi toutes ces années et pour lui souhaiter une belle vie. Je ne sais pas s'il a compris où je voulais en venir car quelques secondes plus tard, la porte du tribunal se refermait sur ma liberté avec un claquement sourd.


Le texte est mien. Merci de ne pas vous l'approprier. 
L'image est mienne. Merci de ne pas la copier.


Précision: Je n'ai pas choisit le 20 Mai comme date de décès de Gingka par hasard. En effet, c'est mon jour porte-malheur, mon jour maudit.

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La case 11/05/2017



La case, le tiroir, l'étiquette... Appelez ça comme vous voulez. Nous y passons tous, tout le temps. Depuis notre naissance et jusqu'à notre mort. Quel que soit notre vie et quels que soient nos choix. Quel que soit le lieu. Quelle que soit la personne. Vous ne me croyez pas ? Voyez par vous-même.
 
On est encore dans la paix des entrailles de nos mères lorsqu'on nous appose la première étiquette : fille ou garçon ? Grenouillère rose ou grenouillère bleue ?
 
A la naissance, la question est de savoir si vous ressemblez plus à la famille de votre père ou à celle de votre mère.
 
Et ça continue pendant l'enfance. Tu préfères le bleu ou le rouge ? L'OM ou le PSG ? Les maths ou le français ? Le soleil ou la pluie ? Le jour ou la nuit ? La DS ou la WII ? Mario bros ou mario kart ? Gentil ou méchant ? Signe noir ou signe blanc ? Tartines ou céréales ? bonbons ou chewing gum ?
 
Puis vient la puberté.  Tu préfères les filles ou les garçons ? Les bruns ou les blonds ? Yeux verts ou yeux marron ? Grand ou petit ? Jeune ou vieux ? Gros ou maigres ? Drôle ou sérieux ?  
 
On continue dans l'adolescence. Littéraire ou Scientifique ? Nike ou Addidas ? Rap ou classique ? Croyant ou athé ? Lycée privé ou lycée public ? Section Euro ou option latin ? Espagnol ou allemend ? Shakira ou Beyoncé ? Pays du nord ou pays du sud ? Monarchie ou République ? Démocratie ou Dictature ? Guerre ou paix ? Oxydant ou réducteur ? Acide ou basique ? Logarithme ou exponentielle ?
 
Ensuite on devient étudiant. Mais ça ne s'arrête pas pour autant. Mention au bac ou sans mention ? Ecole ou université ? Spécialisé ou général ? Sur le campus ou à distance ? Thé ou café au lait ? Coka zero ou coka light ?
 
Vient le moment de l'âge adulte. Et ça ne se finit pas. Volkswagen ou Mercedes ? Droite ou Gauche ? Riche ou Pauvre ? Cadre ou Ouvrier ? Urbain ou rural ? Marié ou célibataire ? Avec ou sans enfant ? Juilletiste ou Aoutien ? Tabac ou alcool ? Café court ou café long ? Lindt ou Jeff de Bruge ? Leclerc ou Carrefour ? Le gaz ou l'électricité ?
 
Et puis on fait des rencontres. Mais ça ne change rien... Marié ou pacsé ? Séparés ou divorcé ? Garde partielle ou garde alterné ?
 
Puis on revit tout ça avec nos enfants. Parce qu'une fois ça ne nous a pas suffi. Comme si on avait besoin de plus de temps pour comprendre ce qu'on avait choisi.
 
Et puis on devient vieux. Mais même là, ça ne nous lâche pas. Aigri ou affable ? Chauve ou chevelu ? Dépendant ou autonome ? Cardiaque ou diabétique ?
 
A toutes ces questions, on a tous dû, au moins une fois, choisir. Parce que c'est comme ça. Parce que l'humanité l'a voulu. Parce qu'il faut que tu rentres dans une case. Parce qu'il faut qu'on te mette dans un tiroir sur lequel on aura collé une petite étiquette. Une étiquette sur laquelle on a écrit ta catégorie. Une étiquette que tu ne pourras jamais arracher de ce tiroir parce que la colle est trop forte. Des mots que tu ne pourras jamais effacer parce que le blanc correcteur rendrait le résultat plus laid encore.
 
Et pourtant il y a des fois où on ne peut pas choisir. Il y a des fois où on est les deux à la fois. Il y a des fois où on est une fille ET un garçon. Il y a des fois où on ressemble à notre père ET à notre mère. Des fois où on est littéraire ET scientifique. Où on aime le bleu ET le rouge. Le thé ET le café. La droite ET la gauche. Le Rap ET le classique. Le tabac ET l'alcool. Gentil ET méchant. Cardiaque ET Diabétique. Noir ET blanc.
 
Il y a des fois, on ne rentre dans aucune case. On n'appartient à aucune étiquette ou à un peu toutes à la fois. Quand ça arrive, on se sent en danger. Alors on ment. On fait semblant que notre case nous correspond parfaitement. Et puis on en a marre. Alors on sort le tiroir et on le vide entièrement. Mais c'est pour déverser son contenu dans celui d'à côté. Parce que personne ne peut vivre en parallèle, au-dessus, en marge de la société.











Le texte est mien. Merci de ne pas vous l'approprier. 

 

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2 clans 19/05/2017



Il y avait deux clans dans notre groupe. On a mis longtemps à se mettre d'accord. Ça a failli nous coûter la destruction du monde. Mais on a fini par se battre ensemble parce qu'on avait le même but. Aucun de nous n'avait intérêt à ce que le monde soit totalement détruit. Mais il y avait tout de même deux groupes. C'était indiscutable.
D'un côté, il y avait ceux qui jouaient au beyblade par jeu et de l'autre, ceux qui y jouaient par v½u.
 
Le premier groupe considérait que jouer au beyblade ne servait qu'à s'amuser et à se faire des amis. Leur chef de file est bien sûr Gingka. Même si je n'ai jamais réussi à être réellement d'accord avec lui sur ce point, je dois reconnaître qu'il m'a appris beaucoup de choses. Sa philosophie est que le beyblade tisse des liens entre les joueurs ce qui leur permet de devenir plus fort. Le but ultime étant de devenir le meilleur blader du monde académiquement parlant. Dans son clan, je mettais aussi Massamuné, un blader passionné dont le rêve était de se retrouver en haut d'un podium. King, Yu et Thiti aussi avec leur joie déconcertante de simplement lancer une toupie. Même Benkei, ce gentil mouton qui au fond, dans tous ces combats, ne cherchait rien de plus que l'amitié et la reconnaissance.
 
Dans l'autre groupe, j'avoue que je ne sais pas vraiment qui est le chef de file. Je ne sais même pas s'il y en a un. Dans ce clan hétéroclite, le beyblade est bien plus qu'un jeu, c'est un choix de vie, c'est même un moyen de survie. Chris par exemple. Il ne vit que grâce au beyblade. C'est son gagne-pain. Sa seule activité. Et même sa seule raison de vivre. Il y a aussi Aguma. Pour lui, le beyblade est un moyen de reconduire son peuple vers un avenir lumineux. Au-delà du jeu, c'est une nécessité. Yuki aussi ! Je n'aimais pas ce gamin aux airs d'intello mais il était investi d'une mission. Le beyblade était son moyen pour l'accomplir, son moyen pour sauver le monde. Même Kenta n'a jamais vu le beyblade comme un simple jeu. Ses combats sont pour lui la représentation de sa propre vie, de son évolution. Il se bat dans la vie comme il se bat dans ses duels. On retrouvait Dynamis aussi dans ce groupe, un blader guide. Une sorte de prophète pour qui le beyblade est la simple réalisation de la volonté du ciel. Ryuga appartient également à ce groupe selon moi puisque pour lui le beyblade est un moyen d'acquérir la puissance et le pouvoir de contrôler le monde. Et puis il y avait... moi. Moi Kyoya Tategami. Moi aussi j'appartiens à ce dernier groupe. Pour moi dont la jeunesse a été un combat de chaque instant ne serait-ce que pour manger ou dormir, le beyblade est un moyen de survie.
 
Ces deux groupes ont travaillé ensemble. Mais ce sont deux clans irréconciliables. Les uns ont été gâtés par la vie. Les autres ont dû se battre pour leur avenir.
 
-A quoi tu penses Kyoya ?
-Hum ?
Je tournai la tête vers celui qui m'avait posé la question. C'était Gingka. Il était en bas de l'arbre qui possédait la branche sur laquelle j'étais assis.
-Tu veux faire un combat contre moi ?, me demanda-t-il.
J'eu un sourire. J'aimais vraiment les combats contre ce type.
-ça marche. , répondis-je. J'arrive.
Je sautai de ma branche pour atterrir sur mes deux jambes juste à côté de lui. Gingka se mit immédiatement à courir vers le stadium qu'il voulait qu'on utilise.
 
Tandis que je m'élançai à sa poursuite pour le rattraper, je me dis que finalement tout ça importait peu. Qu'importe les raisons qui nous ont poussés à jouer au beyblade ! Qu'importe le passé difficile, les ranc½urs ou les rêves ! Qu'importe si nos chemins furent différents et le seront à nouveau ! Parce qu'au final, la seule chose qui compte, c'est qu'on soit là, maintenant, au niveau du même croisement. 
 

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Le Mentor de Kenta 31/05/2017

 
 
Kenta venait de passer la journée la plus éprouvante de toute sa vie. Le combat contre Némésis avait été si violent ! Heureusement que Gingka avait été là pour les sauver. Heureusement qu'ils s'étaient tous battus jusqu'au bout de leur force. Heureusement que Ryuga leur avait prêté sa force. Lui avait prêté sa force. Ryuga... En repensant à lui et à son sacrifice pendant le combat, Kenta en avait les larmes aux yeux. La pression retombée, il ne retint pas ses larmes et les laissa couler avec mélancolie tandis qu'il rentrait chez lui où ses parents l'attendaient avec inquiétude.
-Ah Kenta te voilà !, s'écria sa mère en lui sautant dans les bras alors qu'il avait à peine franchi la porte. Tu nous a fait tellement peur ! Heureusement que tu n'as rien...
-Et de ce que j'ai vu, tu es un héros fiston ! Je suis fier de toi !, renchérit son père en s'approchant d'eux le sourire aux lèvres.
Kenta resta silencieux et continuait de pleurer en silence dans les bras de sa mère. Ses parents mirent son attitude sur le compte de la fatigue et stress qu'avait dû engendrer cette terrible épreuve.
Quand sa mère le lâcha, Kenta monta se coucher en silence et s'endormit aussitôt.
 
Quand Kenta se réveilla le lendemain, il se demanda s'il n'avait pas rêvé toute cette histoire. Némésis... Les bladers légendaires... Il se saisit de Sggittario et comprit que tout ça était bel et bien réel car c'était un flash Sagittario très abimé qu'il avait entre les mains. Par flash successifs, les événements de la veille lui revenaient en mémoire. L'un d'entre eux en particulier : le sacrifice fatal de Ryuga. Une nouvelle envie de pleurer le prit mais il se retint : il devait faire bonne figure pour ses parents qui s'étaient bien assez inquiétés comme ça pour lui. Il s'habilla rapidement, déjeuna en vitesse et sortit.
 
Lorsqu'il arriva à un carrefour, il hésita. En général, il prenait à droite pour rejoindre le BeyParc ou le BeyPit. Mais aujourd'hui, il avait envie de rester seul. Il devait remettre de l'ordre dans ses pensées. Il devait pleurer Ryuga en paix. Il tourna donc à gauche. Il pensa d'abord aller au bord de la rivière mais se ravisa en se disant qu'il y croiserait surement Gingka. Il décida alors d'emprunter un autre chemin. Un chemin qu'il n'a pas utilisé depuis des années : celui de son ancienne école primaire. Là, il connaissait un endroit tranquille. C'était son jardin secret lorsqu'il était enfant. Un petit coin d'un mur de son école dissimulé par un grand arbre et quelques buissons et qui donnait une vue aussi imprenable que discrète sur toute la ville.
 
Arrivé là, il se laissa aller. Les genoux ramenés contre son torse et la tête dans les bras, il pleura tout son soul. Ryuga... Pourquoi n'avait-il pas réussi à lui faire entendre raison plus tôt ? Pourquoi n'était-il pas arrivé sur l'île plus tôt ? Kenta s'en voulait terriblement. A la douleur d'avoir perdu celui qu'il considérait être son ami, s'ajoutait une terrible culpabilité qui le rongeait de l'intérieur. Et pire que tout, il se sentait en cet instant terriblement seul et abandonné. Bien sûr, c'était lui qui avait décidé de ne pas rejoindre ses amis ce jour-là mais même parmi eux, il se sentait seul désormais. Comme si, depuis son voyage avec Ryuga, il s'était déconnecté d'eux. Comme s'il ne les comprenait plus. Un sentiment plus que déstabilisant car il avait crû depuis des années que la seule chose qu'il cherchait, c'était l'amitié de Gingka. Gingka... Il l'avait tant admiré ! Il lui avait tant appris ! Et pourtant, toute sa reconnaissance allait à Ryuga. Il se trouvait un peu injuste envers Gingka. Mais il avait changé. Oui, Gingka avait été son guide autrefois. Mais Ryuga avait été son mentor. Sa force, il la puisait aujourd'hui principalement dans ce que Ryuga lui avait appris, bien plus que dans ce que Gingka lui avait dit. Sa douleur d'avoir perdu ce nouveau modèle n'en était que plus intense.  Il se jura de, toute sa vie, prendre exemple sur Ryuga. De chercher à devenir plus fort par lui-même et de se donner corps et âme à cette mission. Il se promit de toujours se battre jusqu'au bout, jusqu'à la destruction et l'épuisement total et même jusqu'à la mort s'il le fallait ! Des promesses quelques peu apaisantes mais un peu vide de sens à présent que le monde était sauvé et que plus aucune menace ne pesait sur lui.
 
Il commençait pleuvoir. Kenta leva les yeux vers le ciel mais son regard en croisa un autre dans l'arbre qui protégeait sa cachette. En plissant les yeux, il reconnut ceux qui l'observaient : de grands yeux bleus orageux à l'expression indéchiffrable qui ne pouvaient appartenir qu'à une seule personne.




Le Mentor de Kenta
Le




Kenta, embarrassé d'être surpris dans ce moment de tristesse visible, demanda brutalement :
-Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?
Kyoya haussa les épaules et détourna son regard vers l'horizon qui était de plus en plus masqué par la pluie qui s'intensifiait.
Cette attitude énerva beaucoup Kenta. Il n'avait plus l'intention de se faire mépriser de la sorte. Il avait grandi. Il y avait longtemps que Kyoya ne lui faisait plus peur et il ne le laisserait pas le traiter comme ça. S'il voulait imiter Ryuga, la première étape était de se faire respecter des fortes têtes comme lui. Alors il grimpa à l'arbre rapidement et s'assit à côté de Kyoya en lançant :
-Je t'ai posé une question !
Kyoya haussa un sourcil : Kenta avait grimpé l'arbre avec beaucoup de facilité. Il avait vraiment fait beaucoup de progrès. Il n'avait plus rien à voir avec le gosse qu'il avait racketté 3 ans plus tôt.
-Je te parle !, lui cria Kenta.
Pris dans ses pensées, Kyoya avait oublié de répondre. Il se rattrapa bien vite :
-Je me demandais juste pourquoi tu pleurais alors que tu es censé être heureux vu qu'on a sauvé le monde hier.
-Parce que Ryuga est mort ! Voilà pourquoi !, répliqua Kenta sur la défensive tandis qu'un coup de tonnerre grondait dans le ciel.
Cette réponse étonna un peu Kyoya. Il détailla Kenta. Ce dernier avait les yeux brillants de défi, de colère et de tristesse. Toutes ces émotions à l'égard de Ryuga...
-Ryuga ? Depuis quand tu pleures pour un type comme lui ?
-C'était quelqu'un de très courageux !, s'énerva Kenta les yeux étincelants. Je sais que personne n'est vraiment triste de sa mort mais moi je le suis ! Il le mérite !
Kyoya ne répondit pas. Seule la pluie battante troublait le silence qui s'installa alors. Et quelques instants plus tard, Kenta lâcha :
-Et c'était mon ami aussi...
-Ah bon ? J'avais pas l'impression. , répliqua Kyoya sincèrement.
-Il m'a donné son fragment d'étoile ! , s'écria Kenta comme si c'était une preuve.
-Ouai quand il a compris que personne n'aurait rien pu faire seul c'est tout. , répondit Kyoya avec pragmatisme.
-Hein ?
-Ben oui ! , poursuivit-il. Gingka est le seul à l'avoir vaincu. Comme Gingka ne s'en sortait pas tout seul, il a compris qu'il n'y aurait aucune honte à gagner en équipe et il a accepté de te donner le fragment d'étoile. C'est tout.
-Tu mens !, s'écria Kenta en commençant à pleurer. J'ai fais beaucoup d'efforts et de progrès ! J'ai mérité sa confiance !
-C'est sûr, ça a dû simplifier les choses. , répondit Kyoya en haussant les épaules. Mais au final, il tenait quand même pas plus que ça à toi. Et tu vas pas me dire que je t'apprends quoi que ce soit. T'as bien dû te rendre compte que tu lui cassais les pieds en jouant les pots de colles !
Il eut un nouveau coup de tonnerre mais Kenta ne distinguait plus l'écho de l'orage du grondement violent qui résonnait dans sa tête en entendant ces mots. Il se sentait si désemparé en cet instant ! Le regard perdu dans le sombre horizon, il pleurait silencieusement. C'était vrai. Tout ce que Kyoya venait de dire n'était que pure vérité.
-Donc, reprit Kyoya, étant donné que dire que tu pleures pour un ami est une fausse raison...
Kenta ouvrit la bouche pour nier mais Kyoya ne le lui laissa pas le temps et continua :
- Tu n'as aucune raison de pleurer Ryuga.
-T'es qu'un sans c½ur ! C'est normal que je sois triste pour Ryuga !
-En fait non étant donné ce que je viens de te dire. Sauf s'il y a une autre raison. Une raison qui m'intéresse.
- Et depuis quand ce que je pense t'intéresse ?
Kyoya haussa les épaules avant de répondre :
-M'en fiche mais j'ai rien d'autre à faire et tu squattes mon arbre.
A la grande surprise de Kyoya, Kenta lâcha :
-Parce que Ryuga est celui qui m'a tout appris. Enfin, Gingka m'a appris beaucoup : l'esprit de blader et tout ça... Mais au final il m'a toujours protégé. C'est Ryuga qui m'a appris à ne compter que sur moi-même, à aller au bout de moi-même. A me dépasser. C'est à Ryuga que je dois tout. Et... maintenant qu'il n'est plus là je...
Kenta recommençait à pleurer. Il sanglota plusieurs minutes tandis que Kyoya restait silencieux.
Kenta, qui s'attendait à une remarque cinglante de la part de Kyoya sur sa faiblesse, lui lança un regard en biais. Kyoya avait la tête baissée et les yeux fermés en proie à une profonde réflexion. Si Kenta savait..., pensait-il, à quel point ses mots faisaient écho en lui. A quel point il pouvait comprendre le sentiment merveilleux et terrifiant de la reconnaissance. A quel point il savait comment un mot, un geste, un regard pouvait vous faire gravir des montagnes pour la simple fierté et l'immense bonheur de dire à celui qui vous les a accordé que vous avez réussi et que c'était grâce à lui.


 
Le Mentor de Kenta


Sans quitter sa posture neutre et indéchiffrable, il demanda :
- C'est pour ça que t'es pas avec les autres ?
Kenta n'y avait pas vraiment réfléchi mais oui, c'était pour ça alors il acquiesça.
-Et toi ? Pourquoi t'es pas avec les autres ?
Kyoya haussa un sourcil. Quiconque le connaissait un tout petit peu aurait compris la stupidité de la question.
_Je sais que t'aime être seul ! , s'expliqua Kenta. Mais il y a souvent Benkei avec toi ou alors tu restes avec nous même si tu boudes. Pourquoi toi, tu t'es isolé ?
Kyoya était interpelé par la façon dont Kenta le voyait. C'était la première fois que quelqu'un sous-entendait qu'il était possiblement susceptible d'apprécier la compagnie. Mais, en y repensant, c'était vrai qu'il avait passé pas mal de temps avec la bande de Gingka ces derniers temps. La question venait surement de là. Alors il répondit du ton le plus détaché possible :
-Parce que j'avais envie de calme avant de partir.
-Ou ?
-M'entrainer ! Tu crois quand même pas que je vais laisser Gingka atteindre des sommets de puissance sans réagir !
Kenta eut un petit rire :
-Non bien sûr.
La pluie se calmait peu à peu jusqu'à s'arrêter complètement. Kenta décida d'en profiter :
-Bon aller, je te laisse tranquille.
Il redescendit de l'arbre en lançant :  
        - J'ai été content de te parler Kyoya. C'est la première fois que j'ai une aussi longue conversation avec toi !
        - Ouai ben t'habitues pas. Ça ne se reproduira pas.
Kenta sourit de voir que Kyoya restait fidèle à lui-même et s'éloignait déjà quand il entendit Kyoya le rappeler, les yeux perdus vers l'horizon :
_Kenta !
Kenta se retourna.
_Oui ?
_Tu veux venir avec moi ?
Kenta était tellement stupéfait qu'il en resta bouche bée quelques secondes.
 
C'est le moment que choisirent Gingka, Madoka et Benkei pour débarquer essoufflés :
-Ah Kenta tu es là ! , s'écria Gingka.
-On s'est inquiété de ne pas te voir !, lança Madoka.
-Oui je suis là. Ne vous inquiétez pas pour moi les amis, sourit Kenta.
 
Kyoya prit cette dernière réplique de Kenta comme un non à sa précédente question. Il sauta donc de son arbre et s'apprêta à partir, n'ayant plus rien à faire ici. Il adressa un signe de tête à Madoka et à Gingka. Ces derniers lui souhaitèrent un bon voyage. Il se tourna alors vers Benkei qui était dans ses petits souliers, la tête baissée, n'osant le regarder. Kyoya savait pourquoi. Tôt le matin-même, Benkei était venu le voir pour lui dire qu'il ne l'accompagnerait pas dans son voyage d'entrainement cette fois-ci parce qu'il comptait s'entrainer au BeyParc pour avoir des conseils de Gingka. Il avait donc rompu sa promesse de le suivre partout. Promesse qu'il lui avait faite 3 ans plus tôt. Même si Kyoya était resté impassible et avait répondu un simple « très bien », ça lui avait fait mal. Il n'aurait pas su exprimer le sentiment qu'il ressentait mais il s'était habitué à la bruyante présence de Benkei et à ses encouragements constants même s'il s'était toujours défendu d'en avoir besoin. Cette décision de Benkei le rendait, de plus, plus seul qu'il n'avait jamais été et signifiait par-dessus tout que lui, Kyoya, n'était plus un assez bon modèle. Qu'il n'était plus assez fort pour être digne de l'admiration sans faille de Benkei. Gingka l'avait happé dans sa gloire, lui aussi. Et comment lui en vouloir ? Et c'est donc sans rancune que Kyoya lança :
-Bon entrainement Benkei. J'espère que tu seras prêt quand je reviendrai.
Les yeux emplis de reconnaissance de Benkei croisèrent les siens. Le bonheur que Benkei ressentait en voyant qu'il ne lui en voulait pas satisfit Kyoya qui acquiesça comme pour appuyer ses propos avant de faire volte-face et de partir.
 
Dans son dos, il entendit Madoka demander :
 - Tu viens Kenta ? 
Mais il fut stupéfié d'entendre la réponse :
-Désolé les amis, je pars en voyage ! Prévenez ma mère pour moi ! A plus !  Attend-moi Kyoya ! 
Mais Kyoya ne ralentit pas le moins du monde. Derrière lui, l'attitude de Kyoya faisait sourire Kenta. Elle lui rappelait vaguement quelqu'un. Une personne à qui il avait su montrer qu'il lui fallait bien plus qu'une pseudo-indifférence pour qu'il lâche l'affaire. Et tout d'un coup, Kenta se dit que peut-être, peut-être... Il avait trouvé un nouveau maître, un nouveau guide, un nouveau mentor... Il se mit à courir derrière ce dernier, sans réussir à le rattraper, tandis que Kyoya marchait devant, d'un pas sûr, un léger sourire aux lèvres. La tournure que prenait les événements était finalement intéressante...

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Le Rien 12/06/2017

 


« Ce n'est rien ! » Combien de fois l'avez – vous entendu ? Combien de fois vous l'a-t-on dit ? Et pourtant, être rien, voilà qui n'est pas rien. L'univers est constitué de vide, de rien. Le monde, la matière, nous tous sommes constitués de milliards de milliards de milliards de milliards d'atomes qui ne sont rien d'autres que du vide et du vide dans un noyau, des riens.
 
Seulement, le plus souvent, vous ne pouvez même pas en vouloir à celui qui vous l'a répliqué négligemment, en coup de vent, pour se débarrasser de vos problèmes encombrants, dénigrant au passage l'essence même de leur existence. Vous ne pouvez pas lui en vouloir parce que vous savez qu'il le dit pour vous rassurer, pour vous aider à rationaliser, pour que vous y voyiez plus clair dans vos priorités. Et on peut le comprendre ! Que sont vos émotions quand certains meurent de faim ou de soif ? Que sont vos sentiments quand la guerre fait rage à l'autre bout du monde? Que sont vos état-d'âmes quand notre planète est peut-être arrivée à la fin de sa vie ? Alors oui, on dit que ce n'est rien. Et on a raison de le dire pour, au moins, essayer de s'en convaincre. Et pourtant...
 
Et pourtant vous êtes bouleversés. Dévastés. Emu, pour si peu de choses... L'homme est bien faible. Bien misérable. Nous bombons le torse. Nous jouons des coudes. Nous nous croyons forts. Nous jugeons. Nous nous transformons en donneurs de leçons. Nous sommes invincibles. Indétrônables. Inatteignables. Et un instant plus tard... Plus rien. Tout peut être balayé plus rapidement que l'apparition d'un éclair, plus violemment qu'une bourrasque de vent en pleine tempête, plus soudainement que le cheval au galop de la marée montante. Parce qu'il vous suffit d'un rien pour vous effondrer. Vous qui étiez au sommet de votre gloire. Vous n'êtes plus que ruines. Détruits. Autrefois fières flammes, vous n'êtes plus qu'allumettes brisées.
 
Comment ? Personne ne le sait vraiment. Pourquoi?  Presque sans raison. Il en faut si peu ! Un mot. Un regard. Un visage. Un objet. Un lieu. Un souvenir. Une image. Un son... Un rien. Et en une fraction de seconde, vous basculez. De la joie au désespoir. De la nostalgie à la mélancolie. De l'enthousiasme à la folie. Tout ce que vous êtes, tout ce que vous avez, tout ce qui vous rendait heureux l'instant d'avant, a disparu. Vous êtes tombé dans un abîme. Une fosse de dévastation. Et pendant des heures, des jours, des mois, des années, vous restez là, au sol, dans le noir, vaincu.
 
Néanmoins, rien n'est finit, rien n'est perdu. Rien n'est perdu car il ne nous reste plus rien. Rien n'est plus à perdre. Et c'est ce rien là, cette inexistence par nature, qui nous tirera plus loin.  Un pouvoir plus fort que la douleur ! Plus fort que la souffrance ! Plus fort que la détresse ! Ce rien passe au-delà de la conscience et au-delà de la raison. Ce rien ne nous demande pas notre avis pour nous relancer dans la bataille, nous réexpédier dans l'aventure. Il nous exhorte à nous lever sans but, sans foi, sans objectif et nous refait grimper la falaise du haut de laquelle nous sommes tombés. Pas après pas. Prise après prise. Pierre après pierre. Sa voix est dure et sévère, son exigence élevée et son attente extrême car le vide qui le constitue reste à combler. Mais pourtant il nous oblige. Car à lui seul, il détient tous les espoirs auxquels nous n'osions même plus croire.
Certains mettent des années à se reconstruire. Cependant, tout peut aller bien plus vite. Comme le destin est railleur ! Car si des petits riens nous font plonger, si le rien abyssal nous retient d'abandonner, d'autres infimes riens peuvent nous sauver : un sourire, une étreinte, une parole, un espoir, un rêve. Un rien, finalement, nous ramène le soleil, la bienveillance, la force et le courage d'affronter notre plus beau et plus terrible adversaire, notre plus absente source d'existence : l'éprouvante vie.  
 
Alors, ce n'est « rien », n'est-ce pas ? Mais ce « rien », c'est tout ! Parce que tout ne tient qu'à un rien. Un rien négligeable que l'on pense sans conséquence mais à un rien tout de même. Aucun de nos actes, aucune de nos paroles, aucune de nos pensées, rien – tel l'univers rempli de vide ou la matière qui en est constituée – peut n'être rien. Aussi, naturellement, si facilement, sans façon, tout bonnement et simplement, on peut dire (presque) sommairement que rien n'est rien.
 
 

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Alone - Dédicace à Kyoya-Beyblade 18/06/2017






Spéciale dédicace à Kyoya-Beyblade! Cet article reprend tous les titres de ses histoires en leur donnant un sens à ma façon. Au passage, je vous invite à passer sur son blog (http://kyoya-beyblade.skyrock.mobi/) parce que cette fille est exceptionnelle!



Veuillez-m'excuser pour le franglais mais je n'ai pas eu le choix étant donné que le titre de certaines de ses histoires étaient en anglais et que d'autres étaient en français.  











Alone. C'est le titre du livre que j'ai lu lors de La Pire Nuit de ma Vie. Ce soir-là, alors qu'une Tristesse nocturne s'est emparée de moi, j'ai rencontré La Peur sans aucun Entremetteur. La peur du Désespoir. La peur de ce Nuage capable de réduire à néant une vie entière. J'en suis devenu fou. Ce n'était pas une folie ordinaire... Non. C'était la Folie Pure. LA Madness. Par Pitié, Save me from myself !
 
Alone... Si c'est ce livre qui m'a mis dans cet état, ce n'est pas un hasard. Ce n'est pas une Mascarade issue de la Psychologie d'une artiste tordue ! C'est parce que ce livre est la représentation totale de mes Sentiments, de mes vrais sentiments. Pas seulement ceux qu'on fait semblant d'éprouver avec hypocrisie le 29 Février. Pas seulement L'Esprit de Noël que tout le monde éprouve sans raison dans l'espoir d'appartenir à un groupe ! Non. Des vrais sentiments. Des sentiments que vous ne pouvez pas contrôler, que vous ne pouvez pas maîtriser. Comme glisser sur une Plaque de Verglas. I am only human after all ! Oui, seulement un humain. Et comme tout humain, j'ai cette faiblesse d'avoir besoin d'être entouré même si je suis tout en bas de la Chaîne Alimentaire. Unconsciousness ? Peut-être... Mais c'est un instinct qui me surpasse, m'emporte et me transporte. Un instinct À toute épreuve. Pires amis ou meilleurs ennemis je m'en moque ! Que ne serais-je prêt à faire pour être avec quelqu'un ! Let me be your toy  si c'est le prix à payer pour ta compagnie ! Fait moi passer pour le Coupable, si c'est le seul moyen de faire partie de ton entourage ! Pour qu'un « nous » existe dans l'expression « pour nous ». As-tu la moindre idée du nombre de limites que je suis prêt à franchir ? Je te le demande comme une faveur, comme une supplication : Notice me senpai !
 
Alone. C'est exactement ça. Ma plus grande peur. Etre Seul au Monde. Certes j'ai la tendance Rêveuse. Mais je ne veux pas être aussi seul. Pas comme ça.  Si j'étais Le dernier survivant  de la fin du monde, j'aurais l'impression qu'on m'a retiré jusqu'à mon droit le plus fondamental : Le droit à la parole. Si c'était le cas, je crois que j'irais chercher partout quelqu'un ou quelque chose pour me sentir moins seul. Pour me sentir humain Envers et contre tous. Quitte à déclencher La révolution fantôme du monde des morts ! Quitte à me retrouver in the claws of the devil! J'irais chercher jusqu'à Gréa, le village le plus isolé. Rien ne peut être pire que l'immensité de cette Blue planet vide.
 
Alone dans cette vie... Cette vie qui n'est plus qu'un jeu. Le jeu de l'Enfer. Un jeu duquel on sort cassés. Brisés. Broken. Un jeu où la Trêve n'est qu'un doux rêve. Bouh ! Réveillez-vous ! On parle de la vie là ! De la vie misérable, Ephémère, impossible à arrêter que l'on soit Princess, Chasseurs de dragons, créatures de La légende du sphinx ou simples souvenirs dans Le passé de Nile. On parle de ce fleuve fécond mais capable de tout détruire sur son passage et devant lequel tant d'intellectuels sont resté Bullied ! On parle de cette vie-là. Celle dans laquelle le paradoxe est immense ! Car on a que deux possibilités : Etre seul dans la solitude ou seul au milieu du monde quand notre plus grand désir est seulement d'être ensemble.
 
Alors je vous pose les poses ces Questions à tous et à personne ! Je vous le demande pour vos vies, vos familles et vos amis ! Même si la vie vous a fait naître et mourir seuls, jusqu'où êtes-vous prêt à aller pour être ensemble malgré l'adversité ?
 
 
Le texte est mien. Merci de ne pas vous l'approprier. 
 

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